La nature, 1892
Le marais
Quand le printemps s’est installé,Des vieux étangs, des grandes mares,Monte vaseux, rauque et voilé,Comme un concert dissimuléDe voix foisonnantes ou rares.
Ces voix, tout le jour, sont avaresDe leur son mal articulé :Murmure creux, gémi, racléOù tranche un bruit soudain de crécelles barbares.
Mais dès la nuit ! quel tintamarre !Seul, dans un chemin isolé,Au long d’un buisson qui s’effare,On serait presque un peu troubléPar le cri toujours plus enfléDe ces ventriloques bizarresDes vieux étangs, des grandes mares.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources