La nature, 1892
Le laboureur
Agonisant d’un mal qui traîneEt temporise avec la mort,L’homme est venu s’asseoir encorSous les branchages du grand chêne.
Soudain, spectral, il se relèveEt vient trouver dans leur purinSes deux vieux bœufs Brun et MorinQui le regardent comme en rêve.
Entre ces frères de charrueToute sa jeunesse apparueUn instant le console un peu ;
Puis, des pleurs baignent ses yeux mornes,Et, tandis qu’il leur dit adieu,Ses doigts les grattent près des cornes.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a traîne / chêne masculine, classiqueb mort / encor féminine, classiquea relève / rêve féminine, classiqueb purin / Morin masculine, classiquea charrue / apparue masculine, classiqueb peu / cornes féminine, classiquea mornes / adieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources