La nature, 1892
Les deux orvets
Un soir de mai, j’errais par des pays boisés,Près de hauts buissons blancs pleins d’arome et d’extase,Quand je vis deux orvets, tordus sur l’herbe raseEt qui semblaient entre-croisés.
Se piquant à mi-corps de leur petite gueule,L’un l’autre ils s’aspiraient dans ce mordillement,Figés d’ivresse, au bord du vieux chemin dormantQue déjà l’ombre éclairait seule.
Tableau de volupté ! mais d’un mystérieux,D’un vague, d’un perdu, tel que jamais les yeuxN’en ont surpris à l’improviste !
Ce couple de serpents, à cette heure : c’étaitL’emblème de l’amour si profond qu’il se tait,Du grand amour sauvage et triste !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc efe gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a boisés / croisés masculine, classiqueb d’extase / rase féminine, classiquea gueule / seule masculine, classiqueb mordillement / dormant féminine, classiquea mystérieux / l’improviste féminine, classiqueb yeux / tait masculine, classiquea c’était / triste féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources