La nature, 1892
Soleil couchant
Un désert cave et nu, stérile et solitaire,Habité par l’ennui, le silence et l’effroi :C’est ce val où toujours un brouillard blême et froidDescend du ciel autant qu’il monte de la terre.
Or, tombé lentement, ce soir de fin d’AoûtMauvais, lourd, présageant sourdement la tempêteRend ces fonds plus hideux – la nuit noire s’apprêteQuand le Soleil qui meurt y croule tout à coup.
Coulant à flots vermeils de sa voûte de nacre,Il épand sur l’horreur de ces lieux enterrésLe nuage écarlate et les marais pourprésDe l’incendie et du massacre.
Maintenant, tout l’espace entre ciel et ravinSe cramoisit encore et davantage enfin,Cerclé d’horizons bruns l’Astre se liquéfie,Toujours plus loin, plus creux – gouffre rouge qui dort :En ce moment, pour l’œil, ces parages de MortOnt bu tout le sang de la Vie !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1(aabb) 1(abba) 1(abab) 1(ababa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quatrains, 1 quintil
- Mots à la rime
- a solitaire / l’effroi féminine, non classiqueb froid / terre masculine, classiquea d’Août / coup féminine, classiqueb tempête / s’apprête masculine, classiquea nacre / pourprés féminine, non classiqueb enterrés / massacre masculine, classiquea ravin / liquéfie / Mort féminine, non classiqueb enfin / dort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 2.2
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources