La nature, 1892
La vision
Après un jour pesant, dans un site moroseOù le vent, à coups brefs, annonçait son réveil,Je regardais mourir, par degrés, le soleil…La nue était alors vaguement bleue et rose.
Solennelle d’aspect, mystique dans sa pose,Une grande bergère, au long du roc vermeil,Continuait, pensive, un peu comme en sommeil,Son tricotage errant jusqu’à l’ombre mi-close.
M’approchant, je revis les deux couleurs des cieux,Exactement leur même azur gris dans ses yeuxEt leur même incarnat si pâle sur ses lèvres.
Ce fut de la surprise et presque de l’effroi !Vraiment, je crus qu’alors surgissait devant moi :L’Ange du Crépuscule en gardeuse de chèvres.
Versification
- Forme
- Strophes régulières
- Rimes
- 25(abba)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (12 de 8, 2 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a morose / rose féminine, classiqueb réveil / soleil masculine, non classiquea pose / close féminine, classiqueb vermeil / sommeil masculine, classiquea cieux / l’effroi féminine, classiqueb yeux / lèvres masculine, classiqueb moi féminine, classiquec chèvres masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources