Les apparitions, 1896
La chandelle
Aux bras l’un de l’autre, puisantLes derniers sucs de leur cervelle,S’aspirant l’âme avec la moelle,Les amants ont tari leur sang.
Un instant, le couple hasardeD’une voix qui sent le tombeau :« Il s’use bien notre flambeau ! »– Alors, la chandelle blafarde :
« Comme un cierge, auprès de deux corpsQui tout à l’heure seront morts,Je brûle, – ose-t-elle répondre, –
La terre ourdit vos lits profondsPuisqu’à mesure que je fondsTous deux je vous regarde fondre. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources