Les apparitions, 1896
La métamorphose
La bestialité des amants qui s’étreignent,En moutonnant gonflés du même impur désir,Change, quand, au frisson surhumain du plaisir,Tout l’être soutiré monte aux yeux qui s’éteignent.
A l’instant où l’éclair de la volupté passe,Exaspérant la plainte et figeant les baisers,Ils sont soudainement spiritualisés,Nagent dans l’infini du temps et de l’espace.
Le plus mystique des accordsTient ravis ces cœurs et ces corpsSous le poids du bonheur si plein qui les écrase :
La mort les surprendrait savourant son oubli,Béatifiés sur ce litDevenu leur tombeau d’extase !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources