Les apparitions, 1896
Le soleil des fantômes
Fantastique ce soir, la luneSemble dire du haut des cieuxA ces tourmentés anxieuxNe sortant plus qu’à l’heure brune :
« Je luis pour les arbres si douxQui si spectralement surgissent,Pour les eaux qui me réfléchissent…Mais surtout je brille pour vous.
Mes rayons froids, magiques baumes,Pénétreront vos cœurs jusqu’à ce vieux témoin,La conscience – dans son coin.
Et personne ne vous verra.Votre âme solitaire en pleurs s’épanchera :Cette nuit, je serai le sommeil des fantômes. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources