Les bêtes, 1911
L’esprit félin
Ce petit chat tout noir à la prunelle verteDoit avoir une âme de chien ;Il chasse, il arrête si bien,Flairant, patte levée et la gueule entr’ouverte.
Mais le plus surprenant c’est que son pas alerteA toute heure s’emboîte au mien,Avec moi part et s’en revient,Me talonne partout dans la brande déserte.
Sur mon allure il piète, il rampe,Saute, escalade, prend le trot,Pour moi cuit au soleil, sous l’averse se trempe.
Est-ce un diable, un Esprit ? Je finis par le croire,Car, positivement, elle me poursuit tropCette petite bête noire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources