Les bêtes, 1911
Croquis de chat
Pour grimper sur le grand prunierEt somnoler sur la margelleDu vieux puits, le chat, par l’échelle,Est descendu de son grenier.
Et jusqu’à terre, tout du long,Il miaule à chaque échelon.Son petit museau se redresse,Il flaire un peu d’où le vent vient,
Puis tout à coup il se souvientDe la viande et de la caresse,Sur la chaise il ne fait qu’un sautDans la cuisine, près du seau.
Là, sans même qu’il s’ébouriffeOu bouffe en bossuant son dos,Contre le chien cherchant un osDans la paille il se fait la griffeA l’intention des souris.Ouvrant, fermant ses ongles gris,Écoutant ronfler la bouillote,Il bâille ou plutôt il bâilloteEt faisant son ronronS’endort en demi-rond.
22 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources