Les Névroses, 1883· Les ténèbres
Le Cœur mort
Je rêvais que mon cœur‖ flottait dans le châteauAu-dessus d'une coupe‖ étrange et poussiéreuse :— Pour y saigner, bien sûr !‖ Car sa plaie est si creuseQue le temps y retourne‖ encore le couteau !
Eh quoi ? La chose alors‖ était par trop affreuse :Ni la meule du spleen,‖ ni les coups de marteauDu malheur, ni l'angoisse‖ aux mâchoires d'étauNe pouvaient exprimer‖ sa pourpre douloureuse.
Mon cœur vit ! m'écriai-je,‖ il palpite ; il ressent !Je perçois son tic-tac,‖ et certes, c'est du sang,Du sang qui va couler‖ de sa blessure ouverte !
Mais non ! Il était mort,‖ archi-mort, et si mûr,Qu'une larme de pus‖ nauséabonde et verteEn suinta lentement‖ comme l'eau d'un vieux mur.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a château / couteau masculine, classiqueb poussiéreuse / creuse féminine, classiquea affreuse / douloureuse féminine, classiqueb marteau / d'étau masculine, classiquea ressent / sang masculine, non classiqueb ouverte / verte féminine, classiquea mûr / mur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Névroses, Paris, G. CHARPENTIER, EDITEUR, 1885· numérisation poesies.net· Sources