Paysages et Paysans, 1899
Ascension
À mesure que l’on s’élèveAu-dessus des mornes terrains,On sent le poids de ses chagrinsSe désalourdir comme en rêve.
Pour l’âme, alors, libre existence !…Car, subtilisée à l’air pur,Son enveloppe vers l’azurSemble évaporer sa substance.
On monte encor, toujours ! Enfin,On n’est plus qu’un souffle divinFlottant sur l’immense campagne :
Et, dans le plein ciel qui sourit,Le blanc sommet de la montagneDevient le trône de l’esprit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources