Paysages et Paysans, 1899
Vapeurs de mare
Le soir, la solitude et la neige s’entendentPour faire un paysage affreux de cet endroitBlêmissant au milieu dans un demi-jour froidTandis que ses lointains d’obscurité se tendent.
Çà et là, des étangs dont les glaces se fendentAvec un mauvais bruit qui suscite l’effroi ;Là-bas, dans une terre où le vague s’accroît,Des corbeaux qui s’en vont et d’autres qui s’attendent.
Voici qu’une vapeur voiléeSort d’une mare dégeléePuis d’une autre et d’une autre encor :
Lugubre hommage, en quelque sorteQui, lentement, vers le ciel mortMonte de la campagne morte.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources