Paysages et Paysans, 1899
Deux bons vieux coqs
Le cabaret qui n’est pas neufEst bondé des plus vieux ivrognesDont rouge brique sont les trognesEntre les grands murs sang de bœuf.L’un d’entre eux, chenu comme un œuf,D’une main sur la table cogne,Et, son verre dans l’autre, il grogne :« Aussi vrai que j’ suis d’ Châteauneuf !J’ reste un bon coq, et l’ diab’ me rogne !Je r’prendrais femm’ si j’ dev’nais veuf. »« Dam ! moi, fait le père Tubeuf,J’ suis ben dans mes quatre-vingt-neuf :Et j’ m’acquitte encor de ma b’sogne ! »
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources