Paysages et Paysans, 1899
Frère et sœur
Frère et sœur, les petiots, se tenant par la main,Vont au rythme pressé de leurs bras qu’ils balancent ;Des hauteurs et des fonds de grands souffles s’élancent,Devant eux le soir lourd assombrit le chemin.
Survient l’orage ! avec tout l’espace qui gronde,Avec le rouge éclair qui les drape de sang,Les barbouille de flamme en les éblouissant ;Enfin, la nuit les perd dans la forêt profonde.
Ils ont peur des loups ! mais, bientôt,Ils s’endorment. Et, de là-haut,La lune qui verdit ses nuages de marbre
Admire en les gazant ces deux êtres humainsSommeillant la main dans la main,Si petits sous les si grands arbres !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources