Paysages et Paysans, 1899
L’Officiant
Or donc, c’était pendant la messe de minuit :Tout flamboyait, l’autel, la nef et la tribune,Celle-ci, par tous les soulards de la commune,Devenue un enfer de désordre et de bruit.
Soudain, se retournant, d’un geste exaspéréSoulevant à demi sa chasuble de fête,Montant ses regards durs sur cette foule bête,Tonitruesquement rugit le grand curé :
« Vous me connaissez bien, là-bas, les bons apôtres ?Vous savez que je peux en prendre un parmi vous,M’en servir de marteau pour cogner sur les autres !
Voulez-vous que j’y aille ! Assez de turbulence !Hein !… hein !… Vous vous taisez, aussi lâches que fous ! »— Et la messe reprit dans un profond silence.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources