Paysages et Paysans, 1899
La Morte
Miné de chagrin, l’homme croulePrès du lit à baldaquin bleuOù sa femme gît au milieuSous le drap tendu qui la moule.
Voilà que son doux orphelinMonte sur une chaise, et câlin,Passe ses mains d’étrange sorteSur la figure de la morte.
Le père tressaille — il a peur…Et, défigé de sa stupeurDevant la forme longue et roide,
« Que fais-tu, p’tit ? » et tristement,L’enfant répond : « J’réchauff’ maman.Si tu savais ? elle est si froide ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources