Paysages et Paysans, 1899
Les Asperges
Soigné par un malin, le vieux ayant pour ticDe balayer son nez du revers de sa mancheBâfrait, buvait, montrant par plus d’un pronostic,Qu’il achèverait saoul le saint jour du dimanche.
Il avait nettoyé tous les plats ric à ric.Le pain sec y passait, les os après les tranches.Ah ! voilà la salade enfin, dit le loustic :« Comment l’aimez-vous mieux père Jean ? verte ou blanche ?
— C’est la blanche, mon fils, moi, que j’aime le mieux. »Or, la salade étant des asperges, le vieux,Tandis que l’autre en hâte engouffrait les bouts verts,
Grognait les chicots pris et mâchant de travers :« C’est peut-être ben bon, mais que le diabl’ me torde !Si ça n’me paraît pas que j’mange de la corde ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources