Les Musardises, 1893· III La maison des Pyrénées
XVIII. Tout d’un coup
Les clartés qui, là-bas,‖ piquant les ombres bleues,Révèlent qu'un menu‖ village, à bien des lieues,Doit au flanc rond‖ de quelque colline s'asseoir,Les clartés, tout d'un coup,‖ que nous voyons, ce soir,Du haut d'un col, avant‖ de descendre les rampes,Luire, — et qui sont, là-bas,‖ les chandelles, les lampes,Les feux d'une gaîté,‖ d'un travail, d'un souci, —Ces clartés, tout d'un coup,‖ nous rappellent que siL'on rêve au bord des ciels,‖ on vit au ras des terres ;Que si l'on rêve un peu‖ sur les monts solitaires,On vit, dans les vallons,‖ on vit, on vit beaucoup ;De sorte que nos cœurs,‖ oubliant, tout d'un coup,Que les feux du méchant,‖ ses lampes, ses chandelles,Ne font pas, au lointain,‖ des lumières moins bellesQue les lampes, les feux,‖ les chandelles du bon,Et que l'affreux signal‖ qu'allume un vagabondEt la douce fenêtre‖ au seul rideau de sergeQu'éclaire saintement‖ le coucher d'une viergeSont deux étoiles d'or‖ identiques, — nos cœurs,Pour lesquels, tout d'un coup,‖ ces petites lueursNe sont plus, dans la nuit,‖ que d'autres existences,Nos cœurs qui, tout d'un coup,‖ sentent qu'à ces distancesVous ne différez guère,‖ ô pires, des meilleurs,Aiment également‖ tous ces lointains veilleurs !
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a bleues / lieues féminine, classiqueb s'asseoir / soir masculine, classiquec rampes / lampes féminine, classiqued souci / si masculine, classiquee terres / solitaires féminine, classiquef beaucoup / coup masculine, classiqueg chandelles / belles féminine, classiqueh bon / vagabond masculine, non classiquei serge / vierge féminine, classiquej cœurs / lueurs masculine, classiquek existences / distances féminine, classiquel meilleurs / veilleurs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Musardises, E. Fasquelle (Paris), 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources