Les Mois, 1779· Les mois d’hyver
Décembre
SUR un char paresseux,‖ le soleil tristementSe lève, enveloppé‖ d’un sombre vêtement.Quelle affreuse pâleur‖ deshonnore sa face ?Comme rapidement‖ sa lumière s’efface !De l’empire des airs‖ n’est-il donc plus le roi ?Qu’a-t-il fait de ses traits ?‖ Où sont-ils ? Et pourquoiSi long-tems à la nuit‖ abandonner son trône ?Est-ce là ce vainqueur‖ que la flamme couronne ?Est-ce lui, qui n’aguère‖ ardent, ambitieuxFranchissoit tous les jours‖ l’immensité des cieux,De torrens de lumière‖ inondoit les campagnes,Et dardant ses rayons‖ jusqu’au flanc des montagnes,Empreignoit le rocher‖ de germes créateurs ?Vous, de son feu sacré‖ zélés adorateurs,Héritiers des incas,‖ enfans de Zoroastre,Venez dans notre Europe,‖ et contemplez cet astre,Devant qui, chaque jour,‖ fléchissent vos genoux.Est-ce là votre dieu ?‖ Le reconnoissez-vous ?Vous pâlissez ! Vos yeux‖ se remplissent de larmes !Peuples simples et doux,‖ je conçois vos allarmes.En contemplant son front‖ et livide et glacé,Vous croyez de la mort‖ votre dieu menacé ;Vous craignez que le ciel,‖ pour venger quelqu’outrage,N’aille renouveller‖ cet antique naufrage,Qui, brisant, ruinant‖ le monde primitif,Dispersa des humains‖ le reste fugitif :Comme eux vous redoutez‖ d’éternelles ténèbres,Et remplissez les airs‖ de cris lents et funèbres.
RASSUREZ-VOUS ; le ciel‖ vous promet sa faveur,Et vous verrez bientôt‖ naître votre sauveur.C’est le soleil. Tournez‖ vos regards vers l’aurore :C’est de-là que ce dieu,‖ tout rayonnant encore,Après deux fois dix jours,‖ de cinq nuits allongés,Viendra dissiper l’ombre‖ où nous sommes plongés ;Les peuples marcheront‖ à sa vive lumière :Il rendra la nature‖ à sa beauté première.Terre, sois dans la joie ;‖ et vous, cieux, tressaillez !De leurs plus doux trésors‖ les hommes dépouillésDes présens de Cérès‖ enrichiront leurs granges,Et seront abreuvés‖ du nectar des vendanges.
MAIS trop tôt mes regards‖ vont chercher l’avenir ;Trop tôt je vous promets‖ celui qui doit venir :Avant qu’il ait repris‖ son armure éclatante,Les champs doivent languir‖ dans une longue attente ;Les vents doivent gronder,‖ les brouillards s’épaissir,Et la pluie et la nège‖ en glace se durcir.Ah ! Tandis que la glace‖ épargne encor la terre,Hâtons-nous, prévenons‖ le froid qui la resserre :D’une race nouvelle‖ allons peupler les bois.
CENT jeunes citoyens‖ s’offrent à notre choix ;Le plâne, qui couvrit‖ le banquet de Socrate ;Le cèdre, antique enfant‖ des rives de l’Euphrate,Lui, de qui les rameaux‖ dans la nuit allumésÉclairoient les palais‖ de flambeaux parfumés ;Le frêne, qui se plaît‖ à plonger dans l’argile ;Le tremble murmurant‖ et le hêtre fragile.Venez, belles ; venez,‖ poëtes et guerriers :Je vais planter pour vous‖ le myrthe et les lauriers.Ombres des morts, sortez‖ du séjour des ténèbres ;J’élève le cyprès‖ sur vos urnes funèbres.Que le saule et l’ozier‖ embrassent les ruisseaux ;Ormes, dans les vallons,‖ préparez des berceaux ;Vous, sapins, qui des mers‖ devez braver la rage,Apprenez sur les monts‖ à défier l’orage :Confions à la roche,‖ aux côteaux sabloneuxLe mélèse, qui, seul‖ des arbres résineux,Peu jaloux de sa feuille‖ à l’hyver l’abandonne,Et le chêne sur-tout,‖ vieux prophète à Dodone.
QU’IL soit de nos forêts‖ le premier ornement :Sa taille, sa vigueur,‖ son épais vêtementSur tous nos végétaux‖ lui méritent l’empire.Tandis qu’autour de lui‖ tout passe, tout expire,Lui, déployant toujours‖ des rameaux plus altiers,Résiste, inébranlable,‖ à des siècles entiers ;Des dieux toujours vivans‖ noble et frappante image.
FRANÇAIS, respectez donc‖ cet annuel hommage,Qu’au retour des hyvers,‖ sur un autel sacré,Vos ancêtres payoient‖ à cet arbre adoré.Quels chants, quels cris de joie‖ annonçoient cette fête !
AUSSI-TÔT que des bois‖ le jour doroit le faîte,Peuples, prêtres et grands‖ marchoient au son du corVers la forêt, que Dreux‖ à ses piés voit encor.Tableau majestueux !‖ Nos poëtes antiques,Les bardes, en trois chœurs,‖ entonnoient des cantiques,Et noblement vêtus‖ de longs habits flottans,Conduisoient deux taureaux‖ de blancheur éclatans.Trois vieillards les suivoient :‖ dans sa main vénéréeL’un portoit un vaisseau‖ rempli d’une eau sacrée ;L’autre, le pur froment‖ pêtri pour les autels ;Le dernier, aux regards‖ des coupables mortels,Présentoit cette main,‖ qui du pouvoir suprêmeDans l’empire des lys‖ est le royal emblême.Près de leur chef armé‖ d’une serpette d’or,Les druides sonnoient‖ de la trompe et du cor,Et le peuple à grands flots‖ fermoit la marche sainte.Chênes, qui décoriez‖ cette sauvage enceinte,Leurs yeux sur vous fixés‖ cherchoient avidementLe gui, de vos rameaux‖ parasite ornement,Certains que le pouvoir‖ d’Hésus et de MercureAttachoit le bonheur‖ à cette plante obscure.Frappoit-elle leurs yeux ?‖ Tout-à-coup mille voixRemplissoient d’un seul cri‖ la profondeur des bois.
CEPENDANT le respect‖ ramenant le silence,La serpette à la main,‖ le grand-prêtre s’élance,Adore et fait tomber‖ le céleste présent,Déjà sur un autel‖ à tous les yeux présent.« Grands dieux ! S’écrie alors‖ le pontife-monarque,» Grands dieux ! De vos bontés‖ nous adorons la marque.» Que ce fruit, sous nos toîts‖ saintement transporté,» En écarte l’horreur‖ de la stérilité ;» Que l’hymen vénérable,‖ amoureux de ses chaînes,» Surpasse en rejettons‖ les rameaux de nos chênes,» Et que leurs troncs noueux,‖ tous les ans plus épais,» Vieillissent avec nous‖ dans une longue paix. »Il se tait, et poursuit‖ les augustes mystères.
TELS furent nos ayeux‖ dans leur bois solitaires.Ah ! Pourquoi falloit-il‖ que le sang des mortels ;Pour honorer Hésus,‖ coulât sur les autels ?Qu’il soit béni le dieu,‖ dont le bras secourableA purgé nos climats‖ de ce culte exécrable !Mais en ouvrant ton sein‖ à de plus douces loix,Ô France ! Tu devois‖ hériter des gauloisUn peu de leur respect‖ pour leurs temples agrestes.Trop oublieux d’un sang,‖ dont nous sommes les restes,Nous avons abbattu‖ sous nos coups imprudensDes bois, que pleureront‖ nos derniers descendans.Où trouver en effet‖ des chênes, dont la têteAit bravé deux cens ans‖ l’effort de la tempête ?Nos forêts n’offrent plus‖ qu’un aride coup-d’œil ;Et Compiegne et Crécy‖ gémissent sous le deuil.
LIEUX chéris des neuf sœurs,‖ délicieuse enceinte,Où long-tems de Budé‖ s’égara l’ombre sainte ;Fontaine, à qui le nom‖ de cet homme fameuxSembloit promettre, hélas !‖ Un destin plus heureux,J’ai vu, sous le tranchant‖ de la hâche acérée,J’ai vu périr l’honneur‖ de ta rive sacrée !Tes chênes sont tombés,‖ tes ormeaux ne sont plus !Sur leur front jeune encor,‖ trois siècles révolusN’ont pu du fer impie‖ arrêter l’avarice :D’épines aujourd’hui‖ ta grotte se hérisse ;Ton eau, jadis si pure,‖ et qui de mille fleursDans son cours sinueux‖ nourrissoit les couleurs,Ton eau se perd sans gloire‖ au sein d’un marécage.Fuyez ; tendres oiseaux,‖ enfans de ce bocage ;Fuyez : l’aspect hideux‖ des ronces, des buissonsFlétriroit la gaîté‖ de vos douces chansons.Vous, bergers innocens ;‖ vous, qui dans ces retraitesCachiez les doux transports‖ de vos ardeurs secrettes,Oh ! Comme votre amour‖ déplore ces beaux lieux !De vos rivaux jaloux‖ comment tromper les yeux ?Et moi, qui mollement‖ étendu sur la mousseM’enyvrois quelquefois‖ d’une extase si douce,Hélas ! Je n’irai plus‖ y cadencer des vers !Il faudra que j’oublie‖ et ces ombrages verdsEt la grotte, où du jour‖ je bravois les outrages.
QU’AI-JE dit, insensé ?‖ Quoi, je parle d’ombrages,Et le démon du nord‖ rugit autour de moi !Profondément plongé‖ dans un muet effroi,J’ose à peine écouter‖ ses sifflemens terribles,Par le calme des nuits‖ devenus plus horribles.Quel fracas ! Quel tumulte !‖ à ses coups redoublés,Mes champêtres lambris‖ gémissent ébranlés.Ennemi du sommeil‖ dont l’aîle me protège,Il agite ma couche ;‖ et son fougueux cortège,L’eurus et les autans,‖ par un commun assautMe battant à grand bruit,‖ m’éveillent en sursaut.Mon ame, trop long-tems‖ de préjugés nourrie,Croit entendre les morts :‖ je pâlis, je m’écrie,J’appelle ma raison‖ contre ma folle erreur ;Et je parviens à peine‖ à dompter ma terreur.
NUIT sombre : mais quel jour‖ plus sombre lui succède !Qu’il est foible, incertain !‖ Quelle vapeur l’obsède !Froide et contagieuse,‖ elle monte en flottant,Et comme un fleuve impur‖ s’épaissit et s’étend.Je ne vois plus des monts‖ l’inégale surface ;Plaines, fleuves, cités,‖ tout s’éteint, tout s’efface.Je ressemble au mortel,‖ qui loin du jour languitDans ces cachots, voisins‖ de l’éternelle nuit.Mon front est sans couleur,‖ ma tête est affaissée ;Et la mélancolie‖ attristant ma pensée,Je ne sens dans mon cœur‖ vide de tous desirsNi l’amour des beaux arts,‖ ni le goût des plaisirs :Ma triste voix s’exhale‖ en regrets inutiles.Où sont-ils ces côteaux,‖ que j’ai vus si fertiles ?Où sont-ils ces vallons,‖ si rians à mes yeux ?Printems, quand viendras-tu‖ rasséréner les cieux ?
JE l’attendrai long-tems.‖ L’hyver règne ; et la nège,Suspendue en rochers‖ dans les airs qu’elle assiège,Oppose aux feux du jour‖ sa grisâtre épaisseur :De sa chûte prochaine‖ un calme précurseurS’est emparé des airs ;‖ ils dorment en silence.La nuit vient : l’aquilon‖ d’un vol bruyant s’élance,Et déchirant la nue,‖ où pesoit enferméCet océan nouveau‖ goutte à goutte formé ;La nège, au gré des vents,‖ comme une épaisse laineVoltige à gros flocons,‖ tombe, couvre la plaine,Déguise la hauteur‖ des chênes, des ormeaux,Et confond les vallons,‖ les chemins, les hameaux ;Les monts ont disparu :‖ leur vaste amphithéâtreS’abbaisse ; tout a pris‖ un vêtement d’albâtre.
AH ! Plaignons le mortel,‖ qui, dans ce triste jour,Contraint de s’avancer‖ vers un lointain séjour,Ne reconnoissant plus‖ ni côteau, ni prairie,Traîne un pas égaré‖ sur la nège qui crie.Ses piés en vains efforts‖ consument leur vigueur.Haletant, il s’arrête ;‖ et vaincu de langueur,Maudit une contrée,‖ où le regard n’embrasseQu’un informe désert‖ sans hospice et sans trace.Bientôt le jour plus foible‖ ajoute à ses ennuis :L’ombre fond sur la terre,‖ et la reine des nuitsA voilé son croissant‖ de nuages funèbres.Que fera-t-il alors‖ perdu dans les ténèbres,Craignant à chaque pas‖ et les marais trompeursEt les étangs couverts‖ d’un amas de vapeurs ?Le cœur serré d’angoisse,‖ il s’étend sur la plaine ;Là, sans couleur, sans force‖ et presque sans haleine,Il murmure tout bas,‖ dans un long désespoir,Le tendre nom d’un fils‖ qu’il ne doit plus revoir.Mais c’en est fait. Déjà‖ ses esprits s’engourdissent ;Son sang ne coule plus ;‖ ses membres se roidissent ;Ses yeux las de s’ouvrir‖ se ferment ; il s’endort :Invincible sommeil‖ qui s’unit à la mort.
VOUS les soupçonnez peu‖ ces rigueurs de l’année,Vous, riches citadins ;‖ vous troupe fortunée,Qui, vous environnant‖ de plaisirs et de jeux,Insultez de l’hyver‖ le génie orageux ;Une douce chaleur‖ de vos foyers l’exile,Quand sous ces mêmes toits‖ Flore trouve un asyle :Là, vous réalisez‖ la fable de ces tems,Où l’homme jouissoit‖ d’un éternel printems.
EH ! Qui sous des lambris‖ ornés par la peintureDe sîtes, où se plaît‖ la riante nature ;De côteaux verdoyans,‖ de ruisseaux argentés,D’aurores, de beaux soirs‖ dans les eaux répétés,Et du jour que la nuit‖ emprunte à chaque étoile,Jour charmant, par Vernet‖ embelli sur la toile ;Répondez ; qui de vous‖ dans ces sallons dorés,Où de fleurs, de rubis,‖ de perles décorés,Au doux bruit des concerts‖ dont s’anime la danse,La jeunesse et l’amour‖ folâtrent en cadence,Qui de vous oseroit,‖ sybarite orgueilleux,Des rigueurs de l’hyver‖ faire un reproche aux dieux ?Dans le sein du bonheur‖ le murmure est un crime.
QU’IL se plaigne celui‖ que l’indigence opprime ;C’est pour lui que l’hyver‖ est âpre et sans pitié.Sous un toît ruineux‖ qui les couvre à moitié,Voyez transir de froid,‖ languir sans nourritureCeux, qui dans vos sillons‖ fécondoient la nature.Et, quoi donc ! Leurs sueurs,‖ les efforts de leurs brasN’auroient-ils fait de vous‖ que de riches ingrats ?Non, non : par des bienfaits‖ montrez-vous équitables,Que l’or prenne en vos mains‖ des aîles charitables,Qu’il cherche l’indigent,‖ et que dans vos hameaux,L’appellant au travail,‖ il soulage ses maux.
N’AGUÈRES je voyois‖ près des champs, ou l’arondeEt l’Aisne au sein de l’Oise‖ engloutissent leur onde,Je voyois un mortel,‖ qui, sage autant qu’humain,Voulant qu’à ses labeurs‖ le pauvre dût son pain,Tous les ans, quand le nord‖ déchaîne sa furie,D’un peuple de vassaux‖ soudoyoit l’industrie.Femmes, vieillards, enfans,‖ vous tous, qui lui devezEt vos champs agrandis‖ et vos toîts relevés,Dites-nous quels travaux‖ remplissoient vos journées.En des plaines, jadis‖ par Cérès couronnées,Alliez-vous, pour loger‖ ce maître fastueux,Creuser les fondemens‖ d’un château somptueux ?Avez-vous enfermé‖ dans un parc inutileUn beau sol, que Bacchus‖ pouvoit rendre fertile ?Ah ! Chez lui rien n’insulte‖ à votre pauvreté.
AMI dans tous ses goûts‖ de la simplicité,Il ennoblit son or‖ par d’utiles ouvrages.Les chemins applanis‖ et riches en ombragesDes remparts de Compiègne‖ ont rapproché vos fruits.Vos portiques sacrés‖ que l’âge avoient détruits,Doux asyle, où cent fois‖ votre ame désoléeSous les regards d’un dieu‖ respira consolée ;Eh bien ! à vos soupirs‖ ils sont encor ouverts.Cette onde, qui jadis‖ par cent détours diversSur un terrein fangeux‖ se traînoit incertaine,Ruisseau pur maintenant‖ et limpide fontaine,Là, pour vous d’une grotte‖ habite le repos ;Ici, dans un canal‖ roule pour vos troupeaux.Sans lui ce marécage,‖ autrefois le repaire,Où se gonfloit l’insecte,‖ où siffloit la vipère,Autour de vous encor‖ infecteroit les airs.Sans lui ne croîtroit point‖ sur vos côteaux désertsL’arbre, qui transplanté‖ du neustrien rivage,De ses fruits, sous la meule,‖ épanche un doux breuvage.
ET toi, de qui César‖ hérissa la hauteurD’un camp, où reposoit‖ son aigle observateur ;Toi, qui né dans la mer,‖ à l’homme qui te fouilleÉtales des requins‖ la tranchante dépouille,Mont qui me fus si cher,‖ retraite, où les neuf sœursMe firent savourer‖ leurs premières douceurs,Dis-nous comment enfin‖ dompté par la culture,Aux troupeaux étonnés‖ tu donnes leur pâture ;Cependant qu’en berceau‖ des ormes arrondisRepoussent le soleil,‖ qui te brûloit jadis !Que tous ces monumens,‖ respectés d’âge en âge,Rendent à leur auteur‖ un sacré témoignage ;Et qu’en les contemplant,‖ le vieillard attendriAjoute : ils m’ont donné‖ le pain qui m’a nourri ?
MAIS tandis que la nège‖ au fond d’une chaumièreRelegue l’indigent ;‖ le char de la lumièreRoule, touche au solstice,‖ et la plus longue nuitPour douze mois entiers‖ sous la terre s’enfuit.Une pâle lueur‖ a blanchi l’empyrée.Enfant du ciel, rens-nous‖ ta présence sacrée ;Dévoile à nos regards‖ ton front resplendissant,Parois, et fois le dieu‖ du monde renaissant !
IL a paru : déjà,‖ les mains vers lui levées,Par mille cris joyeux,‖ les nations sauvées,Du pié de leurs autels‖ le saluant en chœur,De la jalouse nuit‖ le proclament vainqueur.
TRIOMPHE du soleil,‖ triomphe mémorable,Qui, dans tous les climats‖ embelli par la fable,Et sous des noms divers‖ d’âge en âge porté,Par l’Europe et l’Asie‖ est encore chanté !Le Nil du roi des ans‖ attestoit la puissance,Alorsque d’Harpocrate‖ il fêtoit la naissance.Oromaze, ce dieu‖ des antiques persans,Ce dieu, père du bien,‖ lui, dont les traits perçans,De la nuit et du mal‖ vainquirent le génie,Et qui dans l’univers‖ rétablit l’harmonie,Ne figuroit-il point‖ le monarque du jour,Réparateur des maux‖ du terrestre séjour ?Et ce maître des dieu,‖ dont le bruyant tonnerreChâtia la fureur‖ des enfans de la terre,Quand ces Titans, au jour‖ de leur rébellion,Sur l’Olympe entassoient‖ l’Ossa, le Pélion,N’est-il pas du soleil‖ l’histoire symbolique ?Et nous-même, aujourd’hui‖ que de sa route obliqueCet astre atteint la borne‖ et revient sur ses pas,Dans les remparts de Dreux‖ ne célébrons-nous pasL’époque solemnelle,‖ où de l’humaine raceLe soleil qui renaît‖ console la disgrâce ?
QUE nous dit en effet‖ ce long cri répété,Dont tous les Drusiens‖ remplissent leur cité ?Qu’enseignent les brandons,‖ qui, dans cette nuit sainte,De la place publique‖ ont éclairé l’enceinte,Et qui brûlent enfin‖ dressés sur les tombeaux ?Ainsi qu’aux premiers tems,‖ tous ces mille flambeauxDes rayons du soleil‖ sont le mystique emblême.Ces cris proclament l’heure,‖ où l’Hercule suprême,De son courage éteint‖ ressuscitant l’ardeur,Va rendre aux jours plus longs‖ leur première splendeur.C’est par des feux encor,‖ où se peint son image,Qu’il reçoit du Cathay‖ le solemnel hommage.Dès qu’arrive l’année‖ à sa dernière nuit,De lampes, de flambeaux‖ tout l’empire reluit ;Et de chaque maison‖ la porte illuminéeSe pare de ces mots :‖ au vrai roi de l’année.
CE roi n’ose pourtant,‖ jeune et trop foible encor,Environner son front‖ de tous ses rayons d’or :De quelques traits de flamme‖ à peine il se couronne.Vingt rivaux en fureur‖ lui disputent son trône ;L’enfant du nord l’assiège,‖ et le démon des eauxMenace d’abymer‖ la terre sous les flots.Il s’avance ; il descend‖ chargé d’une urne immense :Sa main l’ouvre à grand bruit ;‖ et sur l’an, qui commence,Renversant tout entier‖ ce dépôt des hyvers,L’ouragan pluvieux‖ en couvre l’univers.Le ciel fond en torrent,‖ qui du haut des montagnesÉcumant et grondant‖ s’étend sur les campagnes :Tout est mer. Dans son sein‖ les arbres entassésEt les hameaux détruits‖ et les ponts fracassésRoulent, et des humains‖ emportés par l’orage,Brisant les corps meurtris,‖ avancent leur naufrage.
DIEUX ! Nous ramenez-vous‖ à ces tems désastreux,Où, jaloux l’un de l’autre‖ et se heurtant entr’eux,Les élémens, conduits‖ par un fougueux génie,De la terre et des cieux‖ rompirent l’harmonie,Firent craindre au soleil‖ une éternelle nuit,Et déchaînant les eaux‖ sur le globe détruit,De l’homme en cent climats‖ engloutirent la race ?Hélas ! Au seul penser‖ de ces jours de disgrâce,Mon sang glacé s’arrête ;‖ et ma lyre sans voix,De larmes arrosée,‖ échappe de mes doigts.
MUSE ! Reprens ta lyre ;‖ et sans vouloir connoîtreDe quel pouvoir secret‖ ce désordre a pu naître,Graves-en dans tes vers‖ la ténébreuse horreur :Dis comment de son lit‖ l’océan en fureurS’élança sur la terre,‖ et la couvrit d’abymes.Des monts voisins du ciel‖ il inonde les cîmes,Les fracasse ; et s’ouvrant‖ un passage en leur sein,Pour de nouvelles mers‖ creuse un nouveau bassin.
BIENTÔT à l’océan,‖ qui roule sans rivages ;Tous les torrens des airs‖ unissent leurs ravages,La terre tonne, tremble ;‖ et ses flancs caverneuxSans cesse vomissant‖ des flots bitumineux,L’homme égaré, perdu‖ dans le brouillard de soufreQue ces fleuves de lave‖ exhaloient de leur gouffre,L’homme, de mille morts‖ à la fois investi,Dans les feux, dans les eaux‖ périssoit englouti.
PAR dégrés cependant‖ l’onde moins courroucéeDécroit, et dans son lit‖ rentre enfin repoussée.La flamme des volcans‖ s’assoupit et s’endort.Mais hélas ! Des humains‖ échappés à la mortQuel fut le désespoir,‖ quand, du haut des montagnes,Jettant un regard sombre‖ au loin sur les campagnes,Ils virent leur séjour,‖ autrefois si riant,Désert, et dans le deuil‖ d’un silence effrayant,N’offrant de toutes parts‖ qu’un long marais immonde,Où sembloit expirer‖ l’astre pâle du monde ?Nous peindrons-nous jamais‖ leur état douloureux,Nous, qui chéris du ciel‖ coulons des jours heureux,Nous, qui formons à peine‖ un desir inutile,Qui moissonnons en paix‖ une terre fertile,Et pour qui le soleil,‖ de la nature ami,Marche d’un pas égal‖ dans sa route affermi ?C’est en vain que sur nous‖ l’hyver fond en orages ;Ses bienfaits ont bientôt‖ réparé les naufrages.Oui, mortel : quand ce dieu,‖ signalant son pouvoir,Des trésors de la pluie‖ ouvre le réservoir,Cette chûte des eaux‖ est encor salutaire :Le fleuve s’en nourrit‖ pour féconder la terre.
AU tems de ma jeunesse,‖ avant qu’à ma raisonL’étude eût découvert‖ un plus vaste horison,Tandis que du soleil‖ la lumière voiléeLaissoit regner la nuit‖ sous la voûte étoilée,Et tandis que la pluie‖ enfloit de ses torrensLes fleuves écumeux‖ et sur la plaine errants,Librement prisonnier‖ d’un réduit taciturne,Je veillois aux lueurs‖ d’une lampe nocturne ;J’interrogeois l’auteur‖ de tous ces mouvemens,Je demandois raison‖ du choc des élémens ;Pourquoi l’année expire,‖ et l’éther nous assiègeDe frimats, de brouillards‖ et de pluie et de nège ;Pourquoi ces aquilons,‖ cortège des hyvers,Et ces monts, dans la chaîne‖ embrasse l’univers.
LASSÉ de ces pensers‖ où mon esprit se plonge,Je m’endors : tout-à-coup‖ enfanté par un songe,Un colosse imposant‖ apparut à mes yeux :Couronné de soleils,‖ son front touchoit aux cieux ;Les saisons l’entouroient :‖ par des routes certaines,Serpentoient dans son corps‖ les lacs et les fontaines ;Sept couleurs à la fois‖ nuançoient ses habits ;Son sceptre brilloit d’or,‖ de saphirs, de rubis ;Un long voile azuré‖ lui servoit de ceinture :Mon œil, à tous ces traits,‖ reconnut la nature.
« TON esprit, me dit-elle,‖ ami des vérités,» Demande à quel dessein,‖ loin des mers emportés,» S’étendent ces frimats,‖ ces brouillards et ces nues.» Suis-moi ; je vais t’ouvrir‖ des routes inconnues :» Mes secrets aujourd’hui‖ te seront dévoilés. »Elle dit ; et soudain‖ aux lambris étoilés,Sur les aîles des vents‖ la déesse m’enlève.
C’ÉTOIT l’heure propice,‖ où le soleil se lève.Alors la déité,‖ par un charme puissant,Arma mes foibles yeux‖ d’un regard plus perçant ;Et dans tous ses climats‖ me présentant la terre :« Contemple tous les monts‖ que ta planète enserre,» Dit-elle ; vois ces rocs‖ qu’Annibal a franchis,» Les sommets riphéens‖ de longs frimats blanchis ;» Le Taurus, au Tartare‖ opposant des barrières ;» Le Caucase berceau‖ de cent hordes guerrières ;» L’Olympe, d’où la fable‖ a fait tonner ses dieux ;» L’Atlas, qu’elle chargeoit‖ de tout le poids des cieux ;» L’Ararat, où cent fois,‖ d’une antique disgrâce,» Le crédule vulgaire‖ alla chercher la trace ;» Les rochers de Goyame‖ et les monts de luna ;» Les Andes, que l’Europe‖ à son sceptre enchaîna ;» Enfin du globe entier‖ les hauteurs primitives :» Eh bien ! Sans ces hauteurs,‖ les ondes fugitives,» Qui, par mille détours,‖ de climats en climats,» Portent aux nations‖ le tribut des frimats,» Jamais dans un canal,‖ en fleuve rassemblées,» N’auroient donné la vie‖ aux stériles vallées.» Ce globe n’eut offert‖ que marais croupissans :» Mais j’élevai les monts,‖ je fis souffler les vents,» Et les vents, au sommet‖ des montagnes chenues,» Précipitent l’amas‖ des vapeurs et des nues.» Là, leurs flots, chaque jour‖ goutte-à-goutte filtrés,» De tuyaux en tuyaux‖ distillent épurés.
» VOUDROIS-tu contempler‖ dans le flanc des collines» Le pénible travail‖ de ces eaux crystallines ?» Tourne les yeux : ces monts‖ t’ouvrent leur vaste sein.» Vois ici le rocher‖ s’élargir en bassin ;» Là, prendre d’un syphon‖ la forme recourbée ;» Plus bas, céder la place‖ à la craie imbibée,» À des couches d’argile,‖ aux sables, aux cailloux :» L’onde y coule, y serpente‖ en filets purs et doux,» Bientôt au pié du mont,‖ sur le gravier reçue,» Vers la clarté du jour‖ elle cherche une issue.» Ses liens sont brisés ;‖ mais, humble à son berceau,» Le fleuve encor timide‖ est à peine un ruisseau ;» Cependant roi futur,‖ il roule ; et sa puissance» Déjà fait oublier‖ son obscure naissance.
» ADMIRE-LES, ces rois‖ de l’humide élément ;» Le Gange, où l’Indien‖ plongé stupidement» En l’honneur de Brama‖ voudroit finir sa course ;» L’Yrtis impatient‖ de voir les feux de l’Ourse ;» Le Volga, vaste mer‖ tributaire des czars ;» La Seine, dont les bords‖ embellis par les arts» Font envier leur gloire‖ à la fière Tamise ;» La Saône, tendre amante‖ à son époux soumise ;» Le Rhône cet époux,‖ qui l’entraîne en grondant,» Et brise sur des rocs‖ son orgueil imprudent ;» La Loire, dont les eaux,‖ captives sans contrainte,» Se creusent chaque année‖ un nouveau labyrinthe ;» Le Tibre, qui, déchu‖ de ses antiques droits,» Veut quelquefois encor‖ intimider les rois ;» Le Nil, le Sénégal‖ et l’immense Amazone,» Trompant l’aridité‖ de la brûlante zone ;» Tous, fleuves bienfaiteurs,‖ que doit cet univers» Aux nuages, aux vents,‖ sombres fils des hyvers. »
ELLE dit ; je m’éveille ;‖ et ma raison plus sage,De l’hyver, tous les ans,‖ a béni le passage.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 254((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a tristement / vêtement masculine, classiqueb face / s’efface féminine, classiquec roi / pourquoi masculine, classiqued trône / couronne féminine, classiquee ambitieux / cieux masculine, équivalentef campagnes / montagnes féminine, classiqueg créateurs / adorateurs masculine, classiqueh Zoroastre / astre féminine, classiquei genoux / reconnoissez-vous masculine, classiquej larmes / allarmes féminine, classiquek glacé / menacé masculine, classiquel quelqu’outrage / naufrage féminine, classiquem primitif / fugitif masculine, classiquen ténèbres / funèbres féminine, classiquea faveur / sauveur masculine, classiqueb l’aurore / encore féminine, classiquec allongés / plongés masculine, classiqued lumière / première féminine, classiquee tressaillez / dépouillés masculine, classiquef granges / vendanges féminine, classiquea l’avenir / venir masculine, classiqueb éclatante / attente féminine, classiquec s’épaissir / durcir masculine, classiqued terre / resserre féminine, classiquee bois / choix masculine, classiqueb Socrate / l’Euphrate féminine, classiquec allumés / parfumés masculine, classiqued l’argile / fragile féminine, classiquee guerriers / lauriers masculine, classiqueg ruisseaux / berceaux masculine, classiqueh rage / l’orage féminine, classiquei sabloneux / résineux masculine, classiquej l’abandonne / Dodone féminine, classiquea ornement / vêtement masculine, classiqueb l’empire / expire féminine, classiquec altiers / entiers masculine, classiqued image / hommage féminine, classiqueb sacré / adoré masculine, classiquec fête / faîte féminine, classiqueb cor / encor masculine, classiquec antiques / cantiques féminine, classiqued flottans / éclatans masculine, classiquee vénérée / sacrée féminine, classiquef autels / mortels masculine, classiqueg suprême / emblême féminine, classiqueh d’or / cor masculine, classiquei sainte / enceinte féminine, classiquej avidement / ornement masculine, classiquek Mercure / obscure féminine, classiquel voix / bois masculine, classiquea silence / s’élance féminine, classiqueb présent masculine, classiquec pontife-monarque / marque féminine, classiqued transporté / stérilité masculine, classiquee chaînes / chênes féminine, classiquef épais / paix masculine, classiqueg mystères / solitaires féminine, classiqueb mortels / autels masculine, classiquec secourable / exécrable féminine, classiqued loix / gaulois masculine, classiquee agrestes / restes féminine, classiquef imprudens / descendans masculine, classiqueg tête / tempête féminine, classiqueh coup-d’œil / deuil masculine, classiquea enceinte / sainte féminine, classiqueb fameux / heureux masculine, classiquec acérée / sacrée féminine, classiqued plus / révolus masculine, classiquee l’avarice / hérisse féminine, classiquef fleurs / couleurs masculine, classiqueg marécage / bocage féminine, classiqueh buissons / chansons masculine, classiquei retraites / secrettes féminine, classiquej lieux / yeux masculine, classiquek mousse / douce féminine, classiquel vers / verds masculine, classiquem outrages / d’ombrages féminine, classiqueb moi / effroi masculine, classiquec terribles / horribles féminine, classiqued redoublés / ébranlés masculine, classiquee protège / cortège féminine, classiquef assaut / sursaut masculine, classiqueg nourrie / m’écrie féminine, classiqueh erreur / terreur masculine, classiquea succède / l’obsède féminine, classiqueb flottant / s’étend masculine, classiquec surface / s’efface féminine, classiqued languit / nuit masculine, classiquee affaissée / pensée féminine, classiquef desirs / plaisirs masculine, classiqueg inutiles / fertiles féminine, classiqueh yeux / cieux masculine, classiquea nège / assiège féminine, classiqueb épaisseur / précurseur masculine, classiqued enfermé / formé masculine, classiquee laine / plaine féminine, classiquef ormeaux / hameaux masculine, classiqueg amphithéâtre / d’albâtre féminine, classiquea jour / séjour masculine, classiqueb prairie / crie féminine, classiquec vigueur / langueur masculine, classiqued n’embrasse / trace féminine, classiquee ennuis / nuits masculine, classiquef funèbres / ténèbres féminine, classiqueg trompeurs / vapeurs masculine, classiqueh plaine / haleine féminine, classiquei désespoir / revoir masculine, classiquej s’engourdissent / roidissent féminine, classiquek s’endort / mort masculine, classiquea l’année / fortunée féminine, classiqueb jeux / orageux masculine, classiquec l’exile / asyle féminine, classiqued tems / printems masculine, classiquea peinture / nature féminine, classiqueb argentés / répétés masculine, classiquec étoile / toile féminine, classiqued dorés / décorés masculine, classiquee danse / cadence féminine, classiquef orgueilleux / dieux masculine, classiqueg crime / opprime féminine, classiqueb pitié / moitié masculine, classiquec nourriture / nature féminine, classiqued bras / ingrats masculine, classiquee équitables / charitables féminine, classiquef hameaux / maux masculine, classiquea l’aronde / onde féminine, classiqueb qu’humain / pain masculine, classiquec furie / l’industrie féminine, classiqued devez / relevés masculine, classiquee journées / couronnées féminine, classiquef fastueux / somptueux masculine, classiqueg inutile / fertile féminine, classiqueh pauvreté / simplicité masculine, classiqueb ouvrages / ombrages féminine, classiquec fruits / détruits masculine, classiqued désolée / consolée féminine, classiquee ouverts / divers masculine, classiquef incertaine / fontaine féminine, classiqueg repos / troupeaux masculine, classiqueh repaire / vipère féminine, classiquei airs / déserts masculine, classiquej rivage / breuvage féminine, classiquea hauteur / observateur masculine, classiqueb fouille / dépouille féminine, classiquec sœurs / douceurs masculine, classiqued culture / pâture féminine, classiquee arrondis / jadis masculine, classiquef âge / témoignage féminine, classiqueg attendri / nourri masculine, classiquea chaumière / lumière féminine, classiqueb nuit / s’enfuit masculine, classiquec l’empyrée / sacrée féminine, classiqued resplendissant / renaissant masculine, classiquea levées / sauvées féminine, classiqueb chœur / vainqueur masculine, classiquea mémorable / fable féminine, classiqueb porté / chanté masculine, classiquec puissance / naissance féminine, classiqued persans / perçans masculine, classiquee génie / l’harmonie féminine, classiqueg tonnerre / terre féminine, classiqueh rébellion / Pélion masculine, classiquei symbolique / oblique féminine, classiquej pas masculine, classiquek race / disgrâce féminine, classiquea répété / cité masculine, classiqueb sainte / l’enceinte féminine, classiquec tombeaux / flambeaux masculine, classiqued emblême / suprême féminine, classiquee l’ardeur / splendeur masculine, classiqueg nuit / reluit masculine, classiqueh illuminée / l’année féminine, classiquea encor / d’or masculine, classiqueb couronne / trône féminine, classiquec eaux / flots masculine, classiqued immense / commence féminine, équivalentee hyvers / l’univers / entassés / fracassés masculine, classiquef montagnes / campagnes féminine, classiqueg l’orage / naufrage féminine, équivalentea désastreux / entr’eux masculine, classiquec nuit / détruit masculine, classiquee voix / doigts masculine, classiquea connoître / naître féminine, classiqueb horreur / fureur masculine, classiquec d’abymes / cîmes féminine, classiqued sein / bassin masculine, classiquea rivages / ravages féminine, classiqueb caverneux / bitumineux masculine, classiquec soufre / gouffre féminine, classiqued investi / englouti masculine, classiquea courroucée / repoussée féminine, classiqued riant / effrayant masculine, classiquee immonde / monde féminine, classiquef douloureux / heureux masculine, classiqueh ami / affermi masculine, classiquei orages / naufrages féminine, classiquej pouvoir / réservoir masculine, classiquek salutaire / terre féminine, classiquea raison / horison masculine, classiqueb voilée / étoilée féminine, classiquec torrens / errants masculine, classiqued taciturne / nocturne féminine, classiquee mouvemens / élémens masculine, classiquef assiège / nège féminine, classiqueg hyvers / l’univers masculine, classiquea plonge / songe féminine, classiquec certaines / fontaines féminine, classiqued habits / rubis masculine, classiquee ceinture / nature féminine, équivalentea vérités / emportés masculine, classiqueb nues / inconnues féminine, classiquec dévoilés / étoilés masculine, classiqued m’enlève / lève féminine, classiqueb puissant / perçant masculine, classiquec terre / enserre féminine, classiqued franchis / blanchis masculine, classiquee barrières / guerrières féminine, classiquef dieux / cieux masculine, classiqueg disgrâce / trace féminine, classiqueh luna / enchaîna masculine, classiquei primitives / fugitives féminine, classiquej climats / frimats masculine, classiquek rassemblées / vallées féminine, classiquel croupissans / vents masculine, classiquem chenues / nues féminine, classiquen filtrés / épurés masculine, classiquea collines / crystallines féminine, classiquec recourbée / imbibée féminine, classiqued cailloux / doux masculine, classiquee reçue / issue féminine, classiquef berceau / ruisseau masculine, classiquea élément / stupidement masculine, classiqueb course / l’Ourse féminine, classiquec czars / arts masculine, classiqued Tamise / soumise féminine, classiquee grondant / imprudent masculine, classiquef contrainte / labyrinthe féminine, classiqueg droits / rois masculine, classiqueh Amazone / zone féminine, classiquei univers / hyvers masculine, classiquea sage / passage féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
508 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Moïs, Paris, imprimerie de Quillau, 1779· numérisation wikisource.org· Sources