Les Mois, 1779· Les mois du Printems
Mars
GROSSIS par le torrent‖ des nèges écoulées,Les fleuves vagabonds‖ roulent dans les vallées ;Et les rochers de glace‖ aux Alpes suspendus,Sous un ciel plus propice‖ amollis et fondus,Se changent en vapeurs,‖ et pèsent sur nos têtes.La mer gronde ; les vents‖ précurseurs des tempêtesCourent d’un pôle à l’autre,‖ et tourmentant les flots,Entourent de la mort‖ les pâles matelots.
MAIS du joug de l’hyver‖ la terre enfin se lasse :La terre, trop long-temps‖ captive sous la glace,Lève ses tristes yeux‖ vers le père des mois,Et frissonnante encor‖ remplit l’air de sa voix.« Dispensateur du jour,‖ brillant flambeau du monde ;» Des vapeurs, des brouillards‖ perce la nuit immonde ;» Impose un long silence‖ aux aquilons jaloux,» Et rens à mes soupirs‖ le printems mon époux. »
ELLE se tait : le Dieu,‖ sensible à sa prière,Remonte à l’équateur ;‖ là, r’ouvrant sa carrière,Il chasse au loin l’hyver,‖ repousse les autans,Et des rives du Nil‖ appelle le printems :« Prens tes habits de fleurs,‖ mon fils ; prens la ceinture» Qui pare tous les ans‖ le sein de la nature ;» Va : la terre soupire,‖ et ses flancs amoureux» Attendent la rosée‖ et tes germes heureux :» Mon fils, va la remplir‖ de ton ame éthérée. »
LE Printems à ces mots‖ fend la plaine azurée,Et porté mollement‖ sur l’aîle des zéphirs,De l’hymen créateur‖ vient goûter les plaisirs.La terre, devant lui‖ frémissant d’allégresse,S’enfle, bénit l’époux‖ qu’imploroit sa tendresse ;L’embrasse, le reçoit‖ dans ses flancs entrouverts :La sève de la vie‖ inonde l’univers.
De cet hymen fécond,‖ dieux, quels biens vont éclore !Déjà d’un feu plus vif‖ l’Olimpe se colore.Le Bélier, du printems‖ ministre radieux,Paroît, et s’avançant‖ vers le plus haut des cieux,De la terre amoureuse‖ annonce l’hyménée,Et vainqueur de la nuit,‖ recommence l’année.
À PEINE dans les airs‖ dévoile-t-il son front,Que soudain tressaillant‖ dans son antre profond,L’immortel océan‖ gronde, écume de joie,S’élève, et sur la plage‖ à grands flots se déploie.Sa vague mugissante‖ appelle à d’autres bordsCes vaisseaux, que l’hyver‖ enchaînoit dans nos ports.
LES voilà donc ces jours‖ si rians, si prospères,Ces jours qui tarissoient‖ les larmes de nos pères !Tous les ans, quand l’hyver‖ dans son obscuritéEngloutissoit leur Dieu,‖ le Dieu de la clarté,Un long deuil sur les murs‖ des sacrés édificesS’étendoit ; et l’autel‖ privé de sacrifices,Sans brâsier, sans parfum,‖ sans lampe, sans flambeau,Figuroit le soleil‖ éteint dans le tombeau.Durant trois jours entiers‖ consacrés aux ténèbres,Aux lamentations,‖ aux pleurs, aux chants funèbres,Ils craignoient que leur Dieu‖ brisé par un géantN’entraînât avec lui‖ l’univers au néant.Mais sitôt que vainqueur‖ de cette nuit funeste,Il rallumoit ses feux‖ sous le Bélier céleste,Les brâsiers, les flambeaux,‖ éteints sur les autels,Brilloient, renouvellés‖ aux regards des mortels ;Des nuages d’encens‖ emplissoient les portiques,Et le prêtre et le peuple,‖ en de joyeux cantiques,S’écrioient : « notre Dieu‖ renaît à la clarté ;« Célébrons son triomphe :‖ il est ressuscité. »
POUVOIENT-ILS en effet‖ refuser leur hommageÀ l’astre, qui des dieux‖ est la plus belle image,Quand ce roi de lumière‖ au Bélier de retour,De ses douze palais‖ recommençoit le tour ?Lorsque des premiers tems‖ l’antique témoignage,Par la voix des vieillards‖ confirmé d’âge en âge,Disoit aux nations,‖ en de sublimes vers,Qu’au printems, le cahos‖ enfanta l’univers ?
LA terre aime à le croire‖ et le répète encore.Oui, dit on, le printems‖ a vu le monde éclore ;Il a vu dans les airs‖ monter le front des bois ;Du premier rossignol‖ il entendit la voix ;Les fleuves devant lui‖ jaillirent des montagnes,Et son souffle épura‖ les célestes campagnes :Siècle heureux, siècle d’or,‖ trop chéri des neuf sœurs,Qui cent fois de cet âge‖ ont chanté les douceurs.
SI j’en crois leurs concerts,‖ le monde à sa naissance,Ainsi que dans la paix,‖ vivoit dans l’innocence.Des mœurs, et point de loix ;‖ du moins nul souverainNe les faisoit parler‖ sur des tables d’airain.Les orages, les vents‖ se taisoient : la froidureRespectoit les beaux jours,‖ les fleurs et la verdure.Les flots rouloient captifs‖ dans leur vaste bassin ;Et tandis qu’aux zéphirs‖ la terre ouvrant son sein,Sans jamais s’épuiser,‖ partout faisoit écloreLes plus doux fruits, mêlés‖ aux dons rians de flore,Les agneaux et les loups‖ ensemble confondusCaressoient les mortels‖ sur la mousse étendus.Tous amis, tous égaux,‖ les mortels sans envieDans un calme profond‖ laissoient couler leur vie :La flutte doucement‖ soupiroit sous leurs doigts ;Ils chantoient ; les troupeaux‖ bondissoient à leurs voix :Le tigre étoit lié‖ d’une invisible chaîne,Et le miel distilloit‖ de l’écorce du chêne.
OH ! Comme le mensonge‖ à l’aide des beaux versPeut aisément tromper‖ ce crédule univers !Nous vantons le bonheur‖ de ces belles journées,Qu’aux premiers des humains‖ firent les destinées ;Et jamais il ne fut‖ d’âge plus malheureux.
LES élémens impurs,‖ luttans sans cesse entr’eux,Sur le monde naissant‖ promenoient le ravage.L’océan mutiné‖ s’égaroit sans rivage.Ce globe sur son axe‖ encor mal affermi,Flottoit d’un pôle à l’autre ;‖ et long-tems endormi,Le soleil au hazard‖ éclaira la nature.Les champs, terreins fangeux,‖ languissoient sans culture,Eh ! Comment les dompter ?‖ Le génie inventeurN’avoit point amolli‖ le fer agriculteur.Les besoins dévorans,‖ l’importune détresseDe l’homme foible et nud‖ châtioient la paresse :Une horrible maigreur‖ déformoit tous ses traits.Jetté par les destins‖ au milieu des forêts,Sur la ronce épineuse‖ errant à l’aventure,Il demandoit au chêne‖ une vile pâture ;Heureux de la ravir,‖ armé d’un pieu sanglant,Au vorace animal‖ qui s’engraisse de gland.
MAINTENANT regrettez,‖ chastes sœurs d’Aonie,De l’univers naissant‖ les vertus, l’harmonie,Et son Dieu protecteur‖ chassé par Jupiter !Votre heureux siècle d’or‖ fut un siècle de fer.C’est nous, nous qui vivons‖ sous l’empire d’Astrée :Enfans et favoris‖ de Saturne et de Rhée,Nous voyons tout renaître‖ au gré de nos desirs ;La terre sans repos‖ travaille à nos plaisirs,Et le ciel étoilé‖ roule en paix sur nos têtes.Si des climats de l’ourse,‖ escorté des tempêtes,Revole tous les ans‖ le démon des hyvers,Le printems à son tour‖ console l’univers.
TOUT germe devant lui,‖ tout se meut, tout s’avive.L’onde étincelle et fuit‖ d’une course plus vive ;La pelouse déjà‖ rit aux piés des côteaux :Partout, un suc laiteux‖ gonfle les végétaux.
CE fluide invisible,‖ errant de veine en veine,Sur les prés rajeunis‖ fait monter la vervene,Qui demandoit la paix‖ au nom des rois vaincus ;Il bleuit l’heppatique,‖ il dore le crocus,Et du plus doux parfum‖ nourrit la violette,Humble fleur, qui déjà‖ pare l’humble Colette.
JUSQU’AU fond des forêts,‖ l’arbre imbibé des sels,Que la terre a reçus‖ dans ses flancs maternels,Quand l’hyver attristant‖ les climats qu’il assiège,Les voiloit de brouillards,‖ les tapissoit de nège,L’arbre sent aujourd’hui‖ sa sève fermenter :Dans ses mille canaux‖ libre de serpenter,De la racine au tronc,‖ et du tronc au branchageElle monte, et s’apprête‖ à jaillir en feuillage.
REDOUBLE, heureux printems,‖ redouble tes bienfaits !Qu’en tous lieux, aux rayons‖ des beaux jours que tu fais,Des végétaux amis‖ la foule t’environne !Prête au chêne affermi‖ sur les monts qu’il couronne,Prête un suc astringent,‖ qui par un prompt secours,De mon sang épanché‖ doit rallentir le cours :Donne au riant ormeau‖ la liqueur épuréePar qui s’éteint l’ardeur‖ de la fièvre altérée ;Au frêne, la vertu‖ de consoler les yeuxAffoiblis et blessés‖ de la clarté des cieux ;Au tilleul… mais hélas !‖ Quel mortel peut connoîtreTout le pouvoir des sucs‖ que ta chaleur fait naître ?Linné, qui d’un regard‖ à la Parque fatalDébrouilla le cahos‖ du règne végétal ;Adanfon et Jussieu,‖ ces fidèles oraclesD’un monde, où la nature‖ a semé les miracles,Mille fois en perçant,‖ et les bois épineux,Et les vallons déserts,‖ et les rocs caverneux,N’avouèrent-ils point‖ qu’à la foiblesse humaineSe cachoit la moitié‖ d’un si vaste domaine ?Sans doute à nos regards‖ les temps pourront l’ouvrir ;Mais par combien de soins‖ il la faut conquérir !La nature, semblable‖ à l’antique Protée,D’obstinés curieux‖ veut être tourmentée ;Elle aime les efforts‖ des mortels indiscrets :C’est l’importunité‖ qui ravit ses secrets.
VOUS donc, qui pleins d’ardeur‖ épiez ses merveilles,Ô sages, redoublez‖ de travaux et de veilles !La nature à vos yeux‖ cèle encor bien des loix.Savez-vous seulement‖ quel pouvoir dans les boisRamène ces corbeaux,‖ qui citoyens des plaines,Y défioient du nord‖ les piquantes haleines ?Sur quel présage heureux‖ en amour réunis,Ils ont prévu le tems‖ de réparer leurs nids ?Comment, pour se construire‖ un palais moins fragile,Ils ont mêlé la ronce‖ et le bois à l’argile ?Qui leur en a tracé‖ le contour régulier ?Quel Dieu leur a prédit‖ que le haut peuplier,Et le pin, dont la cime‖ a fui loin de la terre,Leur prêtant contre nous‖ un abri salutaire,Défendroient leurs petits‖ encor foibles et nuds ?
QUE tes divers ressorts‖ ne me sont-ils connus,Ô nature ! ô puissance‖ éternelle, infinie,De l’être et de la mort‖ invincible génie !Qu’avec plaisir mon luth‖ proclameroit tes loix !Mais je ne suis point né‖ pour de si hauts emplois ;Tu bornas mon essor :‖ admirateur paisibleD’un cercle de beautés‖ à tous les yeux visible,Je dois, sans te surprendre‖ aucun de tes secrets,Couler des jours sans gloire‖ au milieu des forêts,Cueillir au bord des eaux‖ la fleur qui va renaître,Et poëte des champs,‖ les faire aimer peut-être ;Ce destin n’est pas grand,‖ mais il est assez doux ;Il cachera ma vie‖ aux regards des jaloux.
EH BIEN ! Champs fortunés,‖ forêts, vallons, prairies,R’ouvrez-moi les détours‖ de vos routes chéries ;La ville trop long-tems‖ m’enferma dans ses murs.Perdu trois mois entiers‖ dans ses brouillards impurs,J’échappe à ce séjour‖ de boue et d’imposture :Heureux de votre paix,‖ retrouvant la nature,Sur la mousse nouvelle‖ et sur la fleur du thym,Je vais me pénétrer‖ des parfums du matin ;Je vais sur les rameaux‖ de Vertumne et de floreÉpier quel bouton‖ le premier doit éclore.
UN bien manque pourtant‖ à ma félicité :Dans les champs près de moi‖ je voudrois ma Myrthé.Oh ! Si je puis la voir :‖ oh ! Si je puis l’entendre…L’écho de ces rochers‖ en deviendra plus tendre ;Tout fleurira plutôt‖ dans mon riant séjour :La femme que l’on aime‖ embellit un beau jour.
VIENS donc, femme adorable ;‖ ah ! Viens, fuis cette ville,Où de fourbes trompés‖ rampe un monde servile :Ce monde corrupteur‖ n’est pas digne de toi.Le printems et l’amour‖ te rappellent à moi.Me trompé-je ? Non, non :‖ je vois Myrthé paroître ;Myrthé vient habiter‖ mon asyle champêtre.Sans ornement, sans art,‖ belle de ses appas,Déjà dans nos vallons‖ elle égare ses pas.Cet air pur qu’à longs traits‖ près d’elle je respire,Ce verger qui blanchit,‖ ce zéphir qui soupire,Ce limpide ruisseau‖ qui coule mollement,Tout verse dans mon ame‖ un doux ravissement.Oh comme à mon bonheur‖ ajoute l’espérance !Mon œil ne voit plus rien‖ avec indifférence.Ces rosiers, ces jasmins‖ bientôt parés de fleurs,Pour couronner Myrthé‖ m’offriront leurs couleurs ;C’est pour voiler nos feux‖ des ombres du mystère,Que la feuille renaît‖ au bosquet solitaire ;Quand l’été dévorant‖ nous dardera ses traits,Myrthé dans ce ruisseau‖ baignera ses attraits.Délicieux espoir !‖ ô félicité pure !C’est l’amour qui m’apprend‖ à sentir la nature.
DE quel nouveau plaisir‖ mon cœur est enyvré,Quand je vois un troupeau‖ dans la plaine égaréBondir ; et près de lui,‖ les bergers, leurs compagnes ;Par grouppes varier‖ la scène des campagnes,En réveiller l’écho‖ muet depuis long-tems,Et saluer en chœur‖ le retour du printems !
MAIS dieux ! Quel noir penser‖ attriste mon ivresse !Ces agneaux sous mes yeux‖ folâtrans d’allégresse,Arrachés à leur mère,‖ aux fleurs de ce côteau,Iront dans les cités‖ tomber sous le couteau.Ils servent l’appareil‖ d’un festin sanguinaire,Où l’homme, s’arrogeant‖ un droit imaginaire,Tyran des animaux,‖ étale sans remordsSes meurtres déguisés,‖ et se nourrit de morts.
ARRÊTE, homme vorace,‖ arrête : ta furie,Des tigres, des lions‖ passe la barbarie.Jamais ces animaux‖ dans le sang élevésDu lait de la brebis‖ ne furent abreuvés ;Ils ne furent jamais‖ revêtus de sa laine.Le bœuf pour les nourrir‖ féconde-t-il la plaine ?C’est pour toi que sans fiel,‖ docile à l’aiguillon,Il creuse sous le joug‖ un pénible sillon ;Sa constance aux travaux‖ rend tes guérets fertiles :Et la mort est le prix‖ de ses travaux utiles !Et tu verses son sang !‖ Et tu manges sa chair !Tu t’es donc fait, ingrat,‖ des entrailles de fer ?Je méconnois en toi‖ l’auguste créature,Que d’un limon plus doux‖ façonna la nature,Qu’elle forma sensible‖ à la voix des douleurs ;À qui seule, elle apprit‖ à répandre des pleurs.Tu dégrades ton nom ;‖ et cruel à toi même,Tu hâtes la lenteur‖ de ton heure suprême.Corrupteur de ton sang,‖ le sang des animauxY dépose, y nourrit‖ le germe de tes maux,De la fièvre en ton sein‖ fait bouillonner la flamme,Et porte le délire‖ au siège de ton ame.
MAUDIT soit le mortel,‖ qui du fruit des buissonsDédaigna le premier‖ les natives moissons,Et broya sous ses dents,‖ par la rage égarées,Les chairs de sa victime‖ en festin préparées !Hélas ! Depuis ce jour‖ l’homme s’est fait au sang.Le plus fort du plus foible‖ a déchiré le flanc ;La discorde a semé‖ la haine, les allarmes,Et la tendre pitié‖ s’est endurcie aux larmes.
AH ! S’il faut qu’aujourd’hui‖ ne soient plus révérésDu sage de Samos‖ les principes sacrés,S’il faut de notre goût‖ réveiller la paressePar des mets, qu’assaisonne‖ une fatale adresse,Du moins, n’insultons pas‖ aux brames innocens,Qui du bœuf, du taureau‖ maîtres reconnoissans,Laissent, exempte enfin‖ des soins du labourage,Leur vieillesse expirer‖ en un gras pâturage :Doux repos, douce mort,‖ qu’ils ont bien mérités.
DANS nos champs, en ce mois,‖ voyez de tous côtésCes animaux, fumans‖ de sueur, de poussière,Ouvrir et renverser‖ la glèbe nourricière ;Cependant que leur guide,‖ au chant vif et joyeuxDe l’oiseau qui s’élève‖ et retombe des cieux,Sur le soc reluisant‖ la main appesantie,Presse de l’aiguillon‖ leur marche rallentie.Le prodigue semeur‖ suit d’un pas mesuré ;Il verse, et le blé noir,‖ et le millet doré,Et l’orge, ami d’un sol‖ mêlé d’un peu d’arène :La herse aux longues dents‖ marche et ferme la scène.
POUR la neuvième fois‖ le jour darde ses traits.Déjà le laboureur‖ retourne à ses guérets ;Et la moisson naissante‖ à ses yeux se déploie.Alors entre l’espoir,‖ et la crainte, et la joie,Étendant vers le ciel‖ ses vénérables mains,Il invoque celui‖ qui nourrit les humains.
« Grand Dieu ! Les ouragans,‖ et la grêle, et l’orage» T’obéissent : dis-leur‖ d’épargner mon ouvrage.» Charge les doux zéphirs‖ de la fécondité :» Qu’ils unissent la pluie‖ à la sérénité,» Et que de ton soleil‖ la flamme créatrice» Change en épi cette herbe,‖ et que l’épi mûrisse.» Dieu juste ! J’ai peut-être‖ un droit à tes bienfaits.» Des rigueurs de l’hyver‖ j’ai porté tout le faix ;» Tu l’as vu : quand la glace‖ attristoit la nature,» Sans feu, sans vêtement‖ privé de nourriture,» J’entendois près de moi,‖ nuds et mourans de faim,» Ma femme et mes enfans‖ me demander du pain.» Hélas ! à mes enfans,‖ à ma femme, à moi-même,» Épargne désormais‖ cette indigence extrême,» Et n’abandonne plus‖ aux autans déchaînés,» Et mes grains, et mes fruits‖ par l’orage entraînés :» Ils sont tout mon espoir ;‖ qu’ils soient ma récompense. »
IL prie encor, il prie ;‖ et d’un nuage immense,Son œil épouvanté‖ voit les flancs épaissisS’élargir, s’allonger‖ sur les monts obscurcis,Descendre en tourbillon‖ dans la plaine, et s’étendre,Et rouler : un bruit sourd‖ au loin s’est fait entendre.Le nuage en tonnant‖ s’ouvre, et les étendards,Et l’éclat des mousquets‖ hérissés de leurs dards,Flottant comme la mer‖ qui balance son onde,Les chevaux hennissans,‖ et le bronze qui gronde,Les clairons, les tambours,‖ les trompettes, les cors,Tourmentant les échos‖ d’homicides accords,Tout annonce le Dieu…‖ le monstre de la guerre.
AU fracas répété‖ de son roulant tonnerre,Les cheveux sur le front‖ hérissés de terreur,Pâle, et l’œil égaré,‖ s’enfuit le laboureur :Il s’enfuit en pleurant‖ les trésors de la plaine.Enfans, mères, vieillards‖ éperdus, hors d’haleineDésertent leur cabane,‖ et par mille chemins,Se dérobent en foule‖ aux soldats inhumains.
DU titre de valeur‖ déguisant leur furie,Et ravageant la terre‖ au nom de la patrie,Des assassins payés,‖ dans le creux des sillons,D’un camp dévastateur‖ plantent les pavillons.Bientôt de leurs drapeaux‖ la campagne couverteSe transforme en arêne‖ à l’homicide ouverte,Où des hommes de fer,‖ en bataille formés,Se lancent des regards‖ de carnage affamés,
HOMMES nés pour les rois,‖ instrumens de colère,Hâtez-vous ; par le sang‖ gagnez votre salaire.
DU combat tout-à-coup‖ le signal est donné,Mille bouches de bronze‖ à la fois ont tonné.Tout s’ébranle : le plomb‖ que le salpêtre embrase,Tombe en grêle de feu‖ sur les rangs qu’il écrase :Et des troncs mutilés,‖ et des membres épars,Dans les champs de Cérès‖ volent de toutes parts.
DÉJÀ le feu se tait :‖ le glaive lui succède.Les deux partis rompus‖ que la fureur possède,L’un vers l’autre élancés,‖ de plus près combattans,Se croisent, et de meurtre‖ à l’envi dégoutans,Aveugles, effrénés,‖ s’exterminent en foule.Le vaincu mord la poudre,‖ et le vainqueur le foule.
DE la gloire à l’instant‖ le fantôme imposteurProclame les forfaits‖ de ce jour destructeur,Promet à des brigands‖ un beau nom dans l’histoire,Et faisant le ciel même‖ auteur de leur victoire,Sur les corps entassés‖ dont regorgent ces lieux,Force leur bouche impie‖ à rendre grace aux dieux.
TAISEZ-VOUS, assassins :‖ ces hymnes, ces cantiques,Ces drapeaux appendus‖ sous nos sacrés portiques,Ces concerts d’instrumens‖ à vos fureurs si doux,Au tribunal des dieux‖ s’élèvent contre vous,
OUI, contre vous, ô rois !‖ Dont l’orgueil sanguinaireArma ces meurtriers‖ d’un glaive mercenaire.Répondez : quand ce peuple,‖ et libre, et triomphant,Avec cette candeur‖ qui guide un foible enfant,Déposa dans vos mains‖ l’épée et la couronne,Quand il vous fit asseoir‖ dans la gloire du trône,Vous dit-il : « De mes biens,‖ de mes jours à ton gré,» Use en maître absolu ?‖ Prends ce glaive sacré,» Égorge-moi : je veux‖ que mon sang t’appartienne ;» Pour volonté, pour loi,‖ je n’aurai que la tienne. »Rois, soyez détrompés :‖ le peuple est avant vous.Si par nous vous regnez,‖ regnez aussi pour nous.Renfermez, étouffez‖ les foudres de la guerre ;Et protecteurs d’un art‖ bienfaiteur de la terre,Imitez du Cathay‖ les sages potentats :Voici, voici les jours,‖ où leurs vastes étatsRésonnent de leur nom‖ béni dans les campagnes.
QUAND l’aube, en blanchissant‖ le faîte des montagnes,Ramène le soleil‖ vers le Bélier doré,Précédé de sa cour,‖ de ses fils entouré,Sur un char triomphal‖ le prince asiatiqueMonte, et s’avance en pompe‖ armé d’un fer rustique.C’est Triptolême assis‖ dans le char de Cérès.Un vallon, dont l’hyver‖ a mûri les guérets,Ouvre un théâtre auguste‖ à la foule accourueDes citoyens, voués‖ aux soins de la charrue.Eh quel si grand spectacle‖ appelle leurs regards ?Le triomphe annuel‖ du plus noble des arts ;Un prince laboureur‖ qui descendu du trône,Doit devant la charrue‖ abbaisser la couronne.À ses yeux paternels,‖ tant le fer nourricierEst plus noble et plus saint‖ que l’homicide acier !
IL descend de son char ;‖ d’un pas grave il s’avance.On se tait : au milieu‖ de ce profond silence,Seul, il parcourt le champ‖ qu’il doit rendre fécond,S’y prosterne, et neuf fois‖ le touche de son front.Un autel de verdure‖ à ses côtés s’élève.On le pare de fleurs,‖ on y dépose un glaive.Des mains d’un jeune prince‖ un bucher alluméExhale dans les airs‖ un nuage embaumé.Au bruit des chants joyeux,‖ que la fière trompetteDe ses éclats roulans‖ accompagne et répète,De jeunes laboureurs‖ amènent en dansantAu pié du roi-pontife‖ un taureau mugissant ;Des fleurs parent sa tête‖ et pendent en guirlande.Le prince au Dieu du ciel‖ consacre cette offrande ;Il prie : et le taureau,‖ frappé d’un coup mortel,Meugle, chancele, et tombe‖ aux marches de l’autel.
TANDIS que du bucher‖ la flamme étincelanteDévore en pétillant‖ la victime sanglante,Le maître de l’empire,‖ armé d’un aiguillon,Guide le soc poudreux,‖ ouvre un premier sillon,Et d’une main prodigue‖ y dépose en semenceCes grains, dont le Cathay‖ nourrit un peuple immense.Jour rayonnant de gloire,‖ où ce sage empereur,Au rang de mandarin‖ place le laboureur,Qui soumit une plaine‖ inculte, et fit écloreDe nouvelles moissons‖ sur un sol vierge encore !
ET des rois, pour enfler‖ l’orgueil de leurs drapeauxFeront gémir les champs‖ sous le faix des impôts !Et leurs loix dévoûront‖ aux fureurs de la guerreLe paisible sujet‖ qui féconde la terre !Ô dieux ! Quand cessera‖ l’injurieux oubli,Où le premier des arts‖ languit enseveli ?Ne verront-ils jamais,‖ ces cruels politiques,Que leur pouvoir n’est rien‖ sans les travaux rustiques ;Que Mars peut bien un tems‖ prêter quelque splendeur,Mais qu’un jour malheureux‖ abbat cette grandeur ;Mais que Cérès est tout ;‖ mais qu’une paix profondeEst la base solide‖ où leur gloire se fonde !
TU l’avois bien compris‖ ce secret des états,Ô toi, le plus aimé‖ de tous les potentats,Toi qui seras long-temps‖ pleuré dans notre histoire,Henri, lorsqu’à regret‖ contemplant ta victoire,Tu t’écriois : « je veux‖ aux enfans des hameaux,« De nos troubles civils‖ faire oublier les maux ;» Je veux que leurs regards‖ chérissent ma présence,» Que ce bon peuple heureux‖ chante ma bienfaisance,» Et que de leur bonheur‖ s’accroisse mon pouvoir. »
TU le savois aussi,‖ toi qui nous as fait voirL’âme d’un citoyen‖ au séjour des esclaves,Turgot, sage Turgot !‖ De cruelles entravesEnchaînoient dans leur course‖ et Bacchus et Cérès.Quelle main osera‖ les venger ? Tu paroîs ;Et soudain je les vois,‖ pour enrichir ton prince,Librement circuler‖ de province en province :Le commerce renaît,‖ prend un vol plus hardi ;Et les moissons du nord‖ nourrissent le midi.
MINISTRE, de qui Rome‖ eût adoré l’image,Au nom du laboureur,‖ je viens te rendre hommage ;Ton éloge en ce jour‖ me doit être permis.Quand la faveur des rois‖ te faisoit des amis,Je me suis tû : mon vers‖ suspect de flatterieEût été vainement‖ l’écho de la patrie.Mais lorsque tu n’as plus‖ d’autre éclat que le tien ;Lorsque de ton pouvoir‖ mon sort n’attend plus rien,Je puis, libre de crainte‖ ainsi que d’espérance,Bénir mon bienfaiteur‖ et l’ami de la France.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 239((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a écoulées / vallées féminine, classiqueb suspendus / fondus masculine, classiquec têtes / tempêtes féminine, classiqued flots / matelots masculine, classiquea lasse / glace féminine, classiqueb mois / voix masculine, classiquec monde / immonde féminine, classiqued jaloux / époux masculine, classiquea prière / carrière féminine, classiqueb autans / printems masculine, classiquec ceinture / nature féminine, classiqued amoureux / heureux masculine, classiquee éthérée / azurée féminine, classiqueb zéphirs / plaisirs masculine, classiquec d’allégresse / tendresse féminine, classiqued entrouverts / l’univers masculine, classiquea éclore / colore féminine, classiqueb radieux / cieux masculine, classiquec l’hyménée / l’année féminine, classiquea front / profond masculine, classiqueb joie / déploie féminine, classiquec bords / ports masculine, classiquea prospères / pères féminine, classiqueb obscurité / clarté masculine, classiquec édifices / sacrifices féminine, classiqued flambeau / tombeau masculine, classiquee ténèbres / funèbres féminine, classiquef géant / néant masculine, classiqueg funeste / céleste féminine, classiqueh autels / mortels masculine, classiquei portiques / cantiques féminine, classiquej clarté / ressuscité masculine, classiquea hommage / image féminine, classiqueb retour / tour masculine, classiquec témoignage / âge féminine, classiqued vers / l’univers masculine, classiquea encore / éclore féminine, classiqueb bois / voix masculine, classiquec montagnes / campagnes féminine, classiqued sœurs / douceurs masculine, classiquea naissance / l’innocence féminine, classiqueb souverain / d’airain masculine, classiquec froidure / verdure féminine, classiqued bassin / sein masculine, classiquee éclore / flore féminine, classiquef confondus / étendus masculine, classiqueg envie / vie féminine, classiqueh doigts / voix masculine, classiquei chaîne / chêne féminine, classiquea vers / univers masculine, classiqueb journées / destinées féminine, classiquec malheureux / entr’eux masculine, classiqueb ravage / rivage féminine, classiquec affermi / endormi masculine, classiqued nature / culture féminine, classiquee inventeur / agriculteur masculine, classiquef détresse / paresse féminine, classiqueg traits / forêts masculine, classiqueh l’aventure / pâture féminine, classiquei sanglant / gland masculine, classiquea d’Aonie / l’harmonie féminine, classiqueb Jupiter / fer masculine, classiquec d’Astrée / Rhée féminine, classiqued desirs / plaisirs masculine, classiquef hyvers / l’univers masculine, classiquea s’avive / vive féminine, équivalenteb côteaux / végétaux masculine, classiquea veine / vervene féminine, classiqueb vaincus / crocus masculine, classiquec violette / Colette féminine, classiquea sels / maternels masculine, classiqueb assiège / nège féminine, classiquec fermenter / serpenter masculine, classiqued branchage / feuillage féminine, classiquea bienfaits / fais masculine, classiqueb t’environne / couronne féminine, classiquec secours / cours masculine, classiqued épurée / altérée féminine, classiquee yeux / cieux masculine, classiquef connoître / naître féminine, classiqueg fatal / végétal masculine, classiqueh oracles / miracles féminine, classiquei épineux / caverneux masculine, classiquej humaine / domaine féminine, classiquek l’ouvrir / conquérir masculine, classiquel Protée / tourmentée féminine, classiquem indiscrets / secrets masculine, classiquea merveilles / veilles féminine, classiqueb loix / bois masculine, classiquec plaines / haleines féminine, classiqued réunis / nids masculine, classiquee fragile / l’argile féminine, classiquef régulier / peuplier masculine, classiqueg terre / salutaire féminine, classiqueh nuds / connus masculine, classiqueb infinie / génie féminine, classiquec loix / emplois masculine, classiqued paisible / visible féminine, classiquee secrets / forêts masculine, classiquef renaître / peut-être féminine, classiqueg doux / jaloux masculine, classiquea prairies / chéries féminine, classiqueb murs / impurs masculine, classiquec d’imposture / nature féminine, classiqued thym / matin masculine, classiquee flore / éclore féminine, classiquea félicité / Myrthé masculine, classiqueb l’entendre / tendre féminine, classiquec séjour / jour masculine, classiquea ville / servile féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquec paroître / champêtre féminine, classiqued appas / pas masculine, classiquee respire / soupire féminine, classiquef mollement / ravissement masculine, classiqueg l’espérance / indifférence féminine, classiqueh fleurs / couleurs masculine, classiquei mystère / solitaire féminine, classiquej traits / attraits masculine, classiquek pure / nature féminine, classiquea enyvré / égaré masculine, classiqueb compagnes / campagnes féminine, classiquec long-tems / printems masculine, classiquea ivresse / d’allégresse féminine, classiqueb côteau / couteau masculine, classiquec sanguinaire / imaginaire féminine, classiqued remords / morts masculine, classiquea furie / barbarie féminine, classiqueb élevés / abreuvés masculine, classiquec laine / plaine féminine, classiqued l’aiguillon / sillon masculine, classiquee fertiles / utiles féminine, classiquef chair / fer masculine, classiqueg créature / nature féminine, classiqueh douleurs / pleurs masculine, classiquei même / suprême féminine, classiquej animaux / maux masculine, classiquek flamme / ame féminine, classiquea buissons / moissons masculine, classiqueb égarées / préparées féminine, classiquec sang / flanc masculine, classiqued allarmes / larmes féminine, classiquea révérés / sacrés masculine, classiqueb paresse / adresse féminine, classiquec innocens / reconnoissans masculine, classiqued labourage / pâturage féminine, classiquee mérités / côtés masculine, classiqueb poussière / nourricière féminine, classiquec joyeux / cieux masculine, classiqued appesantie / rallentie féminine, classiquee mesuré / doré masculine, classiquef d’arène / scène féminine, classiquea traits / guérets masculine, classiqueb déploie / joie féminine, classiquec mains / humains masculine, classiquea l’orage / ouvrage féminine, classiqueb fécondité / sérénité masculine, classiquec créatrice / mûrisse féminine, classiqued bienfaits / faix masculine, classiquee nature / nourriture féminine, classiquef faim / pain masculine, classiqueg moi-même / extrême féminine, classiqueh déchaînés / entraînés masculine, classiquei récompense / immense féminine, classiqueb épaissis / obscurcis masculine, classiquec s’étendre / entendre féminine, classiqued étendards / dards masculine, classiquee onde / gronde féminine, classiquef cors / accords masculine, classiqueg guerre / tonnerre féminine, classiqueb terreur / laboureur masculine, classiquec plaine / d’haleine féminine, classiqued chemins / inhumains masculine, classiquea furie / patrie féminine, classiqueb sillons / pavillons masculine, classiquec couverte / ouverte féminine, classiqued formés / affamés masculine, classiquea colère / salaire féminine, classiquea donné / tonné masculine, classiqueb embrase / écrase féminine, classiquec épars / parts masculine, classiquea succède / possède féminine, classiqueb combattans / dégoutans masculine, classiquec foule féminine, classiquea imposteur / destructeur masculine, classiqueb l’histoire / victoire féminine, classiquec lieux / dieux masculine, classiquea cantiques / portiques féminine, classiqueb doux / vous masculine, classiquea sanguinaire / mercenaire féminine, classiqueb triomphant / enfant masculine, classiquec couronne / trône féminine, classiqued gré / sacré masculine, classiquee t’appartienne / tienne féminine, équivalentef vous / nous masculine, classiqueg guerre / terre féminine, classiqueh potentats / états masculine, classiquei campagnes / montagnes féminine, classiqueb doré / entouré masculine, classiquec asiatique / rustique féminine, classiqued Cérès / guérets masculine, classiquee accourue / charrue féminine, classiquef regards / arts masculine, classiqueg trône / couronne féminine, classiqueh nourricier / acier masculine, classiquea s’avance / silence féminine, classiqueb fécond / front masculine, équivalentec s’élève / glaive féminine, classiqued allumé / embaumé masculine, classiquee trompette / répète féminine, classiquef dansant / mugissant masculine, classiqueg guirlande / offrande féminine, classiqueh mortel / l’autel masculine, classiquea étincelante / sanglante féminine, classiqueb aiguillon / sillon masculine, classiquec semence / immense féminine, classiqued empereur / laboureur masculine, classiquee éclore / encore féminine, classiquea drapeaux / impôts masculine, classiquec oubli / enseveli masculine, classiqued politiques / rustiques féminine, classiquee splendeur / grandeur masculine, classiquef profonde / fonde féminine, classiquea états / potentats masculine, classiqueb histoire / victoire féminine, classiquec hameaux / maux masculine, classiqued présence / bienfaisance féminine, classiquee pouvoir / voir masculine, classiqueb esclaves / entraves féminine, classiquec Cérès / paroîs masculine, classiqued prince / province féminine, classiquee hardi / midi masculine, classiquea l’image / hommage féminine, classiqueb permis / amis masculine, classiquec flatterie / patrie féminine, classiqued tien / rien masculine, classiquee d’espérance / France féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
478 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Moïs, Paris, imprimerie de Quillau, 1779· numérisation wikisource.org· Sources