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Les Mois, 1779· Les mois du Printems

Avril

Jean-Antoine Roucher· CHANT DEUXIÈME· distiques, alexandrins, 552 vers

DES cavernes du nord‖ l’hyver s’est échappé.Il revient, de frimats‖ encor enveloppé,À la faveur des nuits‖ secouer la froidure,Glacer la tendre aurore,‖ effrayer la verdure,Et des tyrans de l’air‖ à grand bruit escorté,Flétrir dans les jardins‖ le printems attristé.

IMPRUDENS arbrisseaux,‖ qui trop pressés d’écloreCachiez vos fruits naissans‖ sous les habits de Flore,Que vous êtes changés !‖ Comme une seule nuitEn vous décolorant‖ a brûlé votre fruit !Plus lente à prodiguer‖ sa première largesse,La vigne auprès de vous‖ montre plus de sagesse ;Pour renaître, elle attend‖ qu’un fougueux ennemiLaisse au trône des airs‖ le printems affermi.

CET hyver cependant‖ qui ramène la glace,Cet aquilon jaloux‖ du zéphyr qu’il remplace,Sont des frêles boutons‖ les utiles vengeurs :Ils apportent la mort‖ aux insectes rongeurs,Nés en foule aux rayons‖ d’un soleil trop propice.Le feuillage à ce peuple‖ eût offert un hospice ;Et par eux dépouillé‖ de son beau vêtement,L’arbre au jour de sa force‖ eût langui tristement.

NOUVEAU bienfait encor :‖ ce souffle de BoréeRepousse les vapeurs‖ que l’humide NéréeEn nuages épais‖ déployoit dans l’éther,Et dont l’amas vers nous‖ envoyé par l’auster,D’une pluie à longs flots‖ sur nos bords déchaînée,Eût peut-être englouti‖ tout l’espoir de l’année.

MAIS l’air moins rigoureux‖ par degrés se détend.Le dieu du jour, armé‖ d’un feu plus éclatant,Triomphant de la nuit‖ en resserre l’empire :L’hyver fuit sans retour,‖ et la terre respire.Une seconde fois‖ le printems lui sourit ;Son amour la féconde :‖ elle enfante et fleurit.Je vois au front des bois‖ la verdure renaître.L’ombre jeune commence‖ à descendre du hêtre ;Et les pasteurs couchés‖ sur de rians tapisRéveillent par leurs chants‖ les échos assoupis.

VOUS, qui pour mieux jouir‖ des charmes de l’étudeAvez de mon Tibur‖ cherché la solitude,Chantre du beau Pâris,‖ et toi, jeune inspiré,De vénérable Homère‖ interprête sacré,Laissez quelques instans‖ reposer votre lyre,Ô mes amis ! Sortons ;‖ et qu’un nouveau délire,Puisé sur la hauteur‖ des rochers d’alentour,À de plus grands travaux‖ nous enflamme au retour.

DIEUX ! Comme le printems‖ repeuple ces valléesDe mugissans troupeaux,‖ de légions aîlées !À leur tête paroît‖ cet oiseau passager,Qui pour nous des beaux jours‖ est l’heureux messager.Auprès de son amant‖ éclot la tourterelle ;Elle éclot et pour vivre‖ et pour mourir fidèle.De canetons rameurs‖ ces étangs sont couverts.La compagne du cocq,‖ les yeux sans cesse ouverts,De ses nombreux poussins‖ marche et glousse entourée.Déployant au soleil‖ son aîle diaprée,La colombe renaît‖ pour le char de Vénus.Au souffle caressant‖ des zéphyrs revenus,L’abeille, à qui son sexe‖ a mérité le trône,D’un nouveau peuple accroît‖ l’honneur de sa couronne ;Et du sein des taillis‖ les folâtres pinsons,Répondant aux bouvreuils‖ cachés sous les buissons,De chants harmonieux‖ emplissent les campagnes,Et r’enflamment l’amour‖ dans leurs froides compagnes.

IL méritoit donc bien,‖ le deuxième des mois,Que Vénus à son cours‖ présidât autrefois ;Que sous des noms divers,‖ le peuple issu d’Énée,L’invoquant au réveil‖ de la nouvelle année,Pour elle, éternisât‖ le culte, les autels,À sa gloire érigés‖ par les premiers mortels !Vénus représentoit‖ l’invisible puissance,Par qui dans l’univers‖ tout reçoit la naissance.Vénus pare les champs‖ de grace et de beauté ;Vénus remplit les mers‖ de sa fécondité.Elle est au haut des cieux‖ l’immortelle Uranie,Qui des astres errans‖ entretient l’harmonie.Les bois à son aspect‖ verdissent leurs rameaux :Son souffle y reproduit‖ mille essaims d’animaux.Dans l’humide fraicheur‖ des gazons qu’elle foule,Avec leurs doux parfums‖ les fleurs croissent en foule ;L’océan lui sourit,‖ et l’olympe azuréVerse en paix sur la terre‖ un jour plus épuré.

AH ! Puisque ton pouvoir‖ gouverne la nature,Que l’homme, de tes mains,‖ attend sa nourriture,Bienfaisante Vénus !‖ épargne à nos guéretsLa rouille si funeste‖ aux présens de Cérès ;Abreuve-les plutôt‖ de la douce rosée.Que les sucs, les esprits‖ de la sève épuiséeDans ses canaux enflés‖ coulent plus abondans ;Qu’ils bravent du soleil‖ les rayons trop ardens ;Et que le jeune épi‖ sur un tuyau plus fermeS’élève, et brise enfin‖ le rézeau qui l’enferme.

NOS vœux sont exaucés.‖ Le sceptre de la nuitÀ peine autour de nous‖ a fait taire le bruit.Une moite vapeur‖ dans les airs répandueS’abbaisse, et sur les champs‖ comme un voile étendueDistille la fraicheur‖ dans leurs flancs altérés.Cet humide tribut‖ a rajeuni les prés ;Et le roi des sillons‖ qu’un verd plus frais coloreL’épi germe, et s’élance‖ impatient d’éclore.

MAIS hélas ! Et les maux‖ et les biens rassemblésNaissent chez les humains‖ l’un à l’autre mêlés.La vapeur de la nuit‖ aux fromens si propiceFéconde le chardon ;‖ il croît sous leur auspice :L’avoine les domine,‖ et l’ivraie à son tourLes couvre de son ombre‖ épandue à l’entour.

C’EST à vous d’extirper‖ ce fléau des campagnes,Vous de l’agriculteur‖ les actives compagnes :Rassemblez vos enfans ;‖ et tous, le fer en mainPrudemment dans les blés‖ vous ouvrant un chemin,Allez porter la guerre‖ à l’herbe usurpatrice :Qu’un chariot l’emporte‖ et le bœuf s’en nourrisse.L’insecte, qui nous file‖ un riche vêtement,Vous rappelle et demande‖ un nouvel aliment.

De ce ver printanier la nombreuse famille,Éclose après huit jours, et murmure et fourmille.La feuille de Thisbé germe, s’ouvre, mûrit ;Le ver croît avec elle : il croît, il s’en nourrit.À ce ver cependant la moitié de la vie,Par un triste sommeil, comme à nous, est ravie.De langueur accablé quatre fois il s’endort ;Mais sorti quatre fois des ombres de la mort,Il reparoît, vêtu d’une robe nouvelle :Telle à chaque printems Myrthé renaît plus belle.

LAS de ramper sans gloire, il gravit un roseau,Où déployant d’abord un informe rézeau,Bientôt de sa filière il tire, il développeUn tissu, qui plus riche en globe l’enveloppe :Sous des sables profonds par lui-même entassés,Ainsi bornant le cours de ses flots dispersés,Le Rhin cache au soleil son onde languissante.

L’INSECTE scelle enfin sa tombe jaunissante,S’assoupit ; et son corps en nymphe transforméSous un habit de deuil languit inanimé.Mais, ô brillant prodige ! ô riante merveille !Dans la nuit du tombeau par degrés il s’éveille ;Changée en papillon la nymphe disparoît.Déja du globe d’or qu’il habite à regret,Il frappe à coups pressés la jalouse clôture ;Il la brise, il en sort. Docile à la nature,Qui l’appelle à sa fin par l’attrait des desirs,Il s’avance au trépas en cherchant les plaisirs,Il voit, bientôt il joint son amante immobile,L’échauffe en la frappant de son aîle débile,L’ombrage, la remplit de sa fécondité,En flots d’amour s’épuise, et meurt de volupté.

L’AMANTE après deux jours à périr condamnéeVerse ses tendres œufs, l’espoir d’une autre année ;Œufs où repose en germe un peuple industrieux,Qui fidèle héritier de l’art de ses ayeuxDoit à sa race encor léguer son industrie,Et toujours reproduit enrichir ma patrie.

MA Patrie !… à ce nom si doux et si chériJusqu’au fond de mon cœur je me sens attendri.Un penser douloureux, qui pourtant a des charmesEt me trouble et m’oppresse, et fait naître mes larmes.Ô murs de Montpellier ! ô mon premier séjour !Le mortel vertueux qui me donna le jourHabite votre enceinte, et le sort m’en exile.Quand pourrai-je rentrer dans ce modeste azile,Où sans cesse attentif à mes besoins nouveaux,Il prodiguoit pour moi le prix de ses travaux ;Où sa sévérité me cachant sa tendresse,De ma raison trop lente il hâtoit la paresse,Me formoit aux vertus, et portoit dans mon cœurLa noble soif d’un nom des ténèbres vainqueur !Dieux ! Couronnez mes jours d’un destin plus prospère,Et je vole à l’instant dans les bras de mon père ;Je lui rendrai son fils si long-temps attendu,Ce fils, que pour la gloire il crut trop-tôt perdu.De mes foibles talens il recevra l’hommage ;Il entendra ces vers pleins de sa douce image ;Et des larmes de joie échappant de ses yeux,Peut-être en m’embrassant il bénira les cieux.

ET toi, cité fameuse, ô moderne épidaure,Conserve-moi long-tems ce père que j’adore !Conserve son épouse, en qui dès le berceauJ’ai retrouvé le cœur de ma mère au tombeau ;Veille sur tous les miens : et ma reconnoissancePublîra qu’en ton sein j’ai reçu la naissance.Je dirai qu’en tes murs règne un sexe enchanteur ;Je peindrai son œil vif, son parler séducteur,Son front, où la gaîté s’allie à la noblesse,Ses graces, son esprit et sa svelte souplesse :Né pour sentir l’amour et par l’amour formé,Tendre et constant, il aime ainsi qu’il est aimé.

DOIS-JE de ton printems vanter le long empire,Ton sol toujours fécond, l’air pur qu’on y respire,Le parfum de tes vins mûris dans le gravier,Le front de tes côteaux qu’ombrage l’olivier,Des plus riches moissons tes champs dépositaires,Tes eaux, tes fruits, tes bains, tes plantes salutaires ;Ce célèbre conseil de mortels bienfaisans,Instruits à prolonger la trame de nos ans ;Tes savans, de qui l’œil armé d’un regard fermeSurprend la vérité dans la nuit qui l’enferme ;Tes comices enfin, où du peuple et des roisLa sage liberté pèse et fixe les droits ?

JE chanterai sur-tout ce grand, ce rare ouvrage,Qui de l’antique Rome eut lassé le courage ;Ces trois ponts, qui de loin vers tes murs dirigésArrivent dans ton sein, l’un de l’autre chargés,Et par mille canaux épanchent en fontaineLe liquide tribut d’une source lointaine.Mais dans ton souvenir égarés trop long-temsMes vers, ô ma patrie ! Oublioient le printems ;Et cependant ce Dieu, dans sa route première,Ramène le taureau couronné de lumière :L’attele au char du jour, et le voit plus hardiÀ pas précipités s’enfuit vers le midi.

À SON aspect les fleurs, ces astres de la terre,Dans leur nouvel éclat repeuplent mon parterre.Quel riche coloris ! Quelle aimable fraicheur !Le narcisse, amoureux de sa douce blancheur,La marie à l’azur du fidèle Hyacinte.Le cyclamen, sorti des forêts de zacynthe,A couronné son front à demi-languissantD’un panâche, où reluit un rouge éblouissantJ’avance ; et j’apperçois près de la frétilaireL’anémone à Vénus toujours sûre de plaire ;Et l’élégante iris qui retrace à mes yeuxDans sa variété l’arc humide des cieux ;Et l’humble marguerite à des lits de verdurePrêtant le feu pourpré d’une riche bordure.

ME serai-je trompé ? Non ; la jonquille encorOffre à mon œil ravi la pâleur de son or.Je te salue, ô fleur ! Si chère à ma maîtresse,Toi, qui remplis ses sens d’une amoureuse ivresse ;Ah ! Ne t’afflige point de tes foibles couleurs :Le choix de ma Myrthé te fait reine des fleurs.

POUR couronner enfin les richesses qu’étaleDes jardins renaissans la pompe végétale,La tulipe s’élève. Un port majestueux,Un éclat qui du jour reproduit tous les feux,Dans les murs byzantins méritent qu’on l’adore,Et lui font pardonner son calice inodore.

JE ne m’étonne point qu’à l’école des fleursLa peinture ait appris le secret des couleurs.Cet art, qui maintenant sous sa touche savante,Par des sucs nuancés rend la toile vivante,N’eut d’abord, pour former quelques traits indécis,Que la craie, et les bois dans la flamme noircis.L’amoureux Pauzias, rival de la nature,Créa du coloris la magique imposture.

UN jour que de Glycère accusant les mépris,Il exhaloit sa plainte au temple de Cypris,On dit qu’à ses regards l’indulgente immortelleApparut, lui sourit : « contemple, lui dit-elle,» Autour de mon autel ce frais tissu de fleurs.» Que ta main sur la toile en fixe les couleurs ;» Reviens m’en faire hommage : et le cœur de Glycère» De ton art aggrandi sera le doux salaire ».Dans l’œil de Pauzias, la déesse à l’instantImprima du génie un rayon éclatant.Plein d’un feu créateur il sort, trace, coloreD’un rapide pinceau les dons rians de Flore,Et les porte aux autels, où Glycère à son tourDoit offrir des bouquets à la mère d’amour.

GLYCÈRE arrive, approche : ô surprise inouïe !Elle voit près du lys la rose épanouie.« Eh ! Quelle main, dit-elle, a d’un art délicat,» En imitant ces fleurs, reproduit leur éclat ? »Le jeune artiste alors brûlant d’espoir s’élance,Tombe aux pieds de Glycère, et rompant le silence :« C’est moi, moi qui jaloux d’obtenir un regard,» Pour vous ai reculé les bornes de mon art.» Vos bouquets, des couleurs m’ont appris l’harmonie ;» J’aimois : à mon amour je dois tout mon génie. »Ces mots, qui de Glycère ont chatouillé l’orgueil,Changent en doux regards la fierté de son œil ;Un souris la trahit : et sa bouche elle-mêmePresque sans son aveu prononce : je vous aime.Vous donc, qui décorez ce théâtre inconstant,Où l’homme ainsi que vous ne brille qu’un instant,Belles fleurs, égayez nos fêtes bocagères.

VOUS êtes l’ornement des modestes bergères,Celle, qui de l’hymen va prononcer les vœux,D’une fleur veut au moins embellir ses cheveux.La compagne des rois vous mêle à sa couronne.Therpsicore, Comus de festons s’environne :Et la religion assise à ces autels,

D’OÙ sa terrible voix tonne sur les mortels,Au retour du printems, de guirlandes parée,Adoucit de ses traits l’austérité sacrée.D’où naissent cependant ces reflets variés,Pour colorer ce globe, avec art mariés ?Ces teintes dans les fleurs dorment-elles cachées ?Faut-il que du soleil les flammes épanchéesÉveillent leur paresse, ou bien l’astre du jourLes feroit-il pleuvoir de son brillant séjour ?

LA nature, long tems sans voix et sans oracle,Dans une nuit profonde enferma ce miracle :Mais si-tôt que Newton, cet aigle audacieux,En face eût regardé le roi brûlant des cieux,L’homme brisa les fers de l’ignorance antique :L’homme fut possesseur des secrets de l’optique.Dans les angles d’un verre en prisme façonné,Il vit que du soleil un rayon émanéDéployoit sept couleurs de nature première :Il reconnut enfin que ces traits de lumière,Ou seuls, ou combinés en différens accords,D’une teinte céleste empreignoient tous les corps.

COMBIEN de tant d’éclat la vue est enchantée !Je vois l’aube étaler son écharpe argentée ;Et l’aurore sa sœur, qui d’un pourpre riantEntremêle l’or pur dont se peint l’orient ;Et le fleuve en son lit paisiblement s’étendreSous des rets transparens, colorés d’un verd tendre.Là, des profondes mers l’habitant écailléLève un dos épineux richement émaillé.Dispersé sur la rive, ici, le coquillageDes plus belles couleurs réfléchit l’assemblage.Le corail dont Thétis a bordé ses déserts,L’hôte rampant des bois, l’enfant aîlé des airs,L’inconstant papillon, la bourdonnante abeille,La bergère, et les fleurs qui parent sa corbeille,Tout forme autour de nous un cercle radieux,Un dédale magique où s’égarent nos yeux.

MAIS c’est Iris sur-tout, glorieuse courrière,Qui des feux les plus vifs a semé sa carrière :C’est aujourd’hui qu’aux champs par la pluie humectés,Je vais revoir son front resplendir de clartés.

UN nuage, chargé de cette eau salutaireQue le taureau prodigue à la soif de la terre,S’élève, s’épaissit ; et du soleil naissantTandis qu’il fait pâlir le disque éblouissant,Le zéphyr, qui des bois agitoit la ramure,Tout-à coup de son vol assoupit le murmure ;Il se tait : avec lui les airs semblent dormir.Le feuillage du tremble a cessé de frémir.Les flots sont déridés. D’un meuglement sauvage,Le bœuf n’attriste point les échos du rivage,Et l’arbre n’entend plus de sons mélodieux.L’homme au milieu des champs lève un front radieux :L’ame ouverte à l’espoir, il jouit en idéeDes plaisirs et des biens que versera l’ondée.Elle a percé la nue ; elle coule : un doux bruitÀ peine dans les bois de sa chûte m’instruit :À peine goutte-à-goutte humectant le feuillage,Laisse-t-elle à mes yeux soupçonner son passage.

L’URNE des airs s’épuise : un frais délicieuxRanime la verdure ; et cependant aux cieuxLe soleil, que voiloit la vapeur printanière,Commence à dégager sa flamme prisonnière :Elle brille. Le Dieu transforme en vagues d’orLes nuages, flottans dans l’air humide encor,Jette un rézeau de pourpre au sommet des montagnes,Enflamme les forêts, les fleuves, les campagnes,Et sur l’émail des prés étincelle en rubis.Jusqu’au règne du soir, les tranquilles brebisDe leurs doux bêlemens remplissent la colline ;L’ormeau plus amoureux vers le tilleul s’incline ;Zéphyre se réveille, et le chant des oiseauxSe marie en concert au murmure des eaux.Enfin dans un nuage, où l’œil du jour se plonge,La ceinture d’Iris se voûte en arc, s’allonge,Et du flambeau du ciel décomposant les feux,Du pourpre au double jaune, et du verd aux deux bleus,Jusques au violet qui par dégrés s’efface,Promène nos regards dans les airs qu’elle embrasse.

SALUT, gage riant de la sérénité !Les sources, d’où jaillit l’éclat de ta beauté,Pour nos grossiers ayeux ne furent point ouvertes.Tel est l’arrêt du sort. Les nobles découvertesChez les foibles humains n’arrivent qu’à pas lents.Le tems seul peut prêter des aîles aux talents ;Ce Dieu, qui détruit tout, donne à tout l’existence.Ses mains, en nous armant d’audace et de constance,Ses mains ont façonné le verre scrutateur,Qui du ciel sous nos yeux abbaisse la hauteur.C’est lui qui de l’aiman a trahi le mystère :Soudain l’homme a couvert l’océan solitaire ;Et bravant les rochers, les trombes, les typhons,Tranquille, il s’est assis sur des gouffres sans fonds.

VOYEZ-vous, aujourd’hui que les vents plus propicesDe la mort, sous ses pas, ferment les précipices,Comme il ose, ombragé d’une forêt de mâts,Chercher, nouveau Jason, de plus riches climats ?Il part… ah ! S’il est vrai que le sceau du génieAtteste sa grandeur, c’est depuis qu’UranieLe guide sur les flots où règnent ses projets ;C’est depuis que les vents, devenus ses sujets,Dans les replis enflés du lin qui les embrasse,Suivent en dépit d’eux la route qu’il leur trace.Oui, modernes Typhis ; oui, c’est par vos travaux,Que peut-être les dieux ont trouvé des rivaux.

ENFANTÉ loin des mers et n’aguère sauvage,L’homme encor n’avoit point approché leur rivage :Il erroit sur les monts. Tout-à-coup à ses yeuxL’océan déploya jusqu’aux bornes des cieuxSa surface mobile, immense, solitaire.Saisi d’étonnement, l’homme y cherche la terre ;La terre a disparu : monotone désert,L’empire seul des eaux brille à l’œil qui s’y perd.Long-tems il contempla, dans un profond silence,Cette plaine d’azur qu’un vent léger balance,Et qui dans tous ses flots, mollement onduleux,Répète le soleil, et s’argente à ses feux.

TANDIS qu’il promenoit au loin ses yeux timides,Un géant, du milieu de ces plaines humides,S’élève sur le dos d’un tourbillon grondant :Sa formidable main porte un large trident ;Et malgré la vieillesse en tous ses traits sensible,Son corps nerveux décele une force invincible.» Tout pâle à cet aspect l’homme frémit d’effroi ;» Il fuit. Le Dieu lui crie : « Arrête ; écoute-moi.» Par de là cet espace où s’étend mon empire,» Sous ce même soleil, plus d’un peuple respire :» Il y vit étranger à tes arts, à tes biens,» Comme toi-même ici tu l’es encor aux siens.» Descends de tes rochers ; viens, franchis la barrière,» Qui de ces bords lointains te ferme la carrière.» Unis, il en est tems, par des liens sacrés» Ces peuples, que les dieux ont en vain séparés ;» Échange les trésors fruits de ton industrie,» Et fais du monde entier une seule patrie.» Les plus affreux périls vont assaillir tes jours ;» Je ne te cele pas qu’ils renaîtront toujours.» Veux-tu que devant toi je les appelle ensemble ?» Regarde : sous tes yeux mon pouvoir les rassemble. »

IL dit. Soudain les flots de son trident frappésPar les vents orageux roulent enveloppés,Se heurtent à grand bruit, retombent, se soulèvent,Se creusent en abyme, en montagne s’élèvent.La face du soleil pâlit ; et les éclairsEn longs serpens de feu se croisans dans les airs,Redoublent en fuyant ces ténèbres profondes,Restes du vieux cahos ramené sur les ondes.

LE calme reparoît ; mais ce calme est trompeur.Des flots qu’il a pompés en subtile vapeur,Le soleil de retour charge un nuage humide,Tournoyante colonne, immense pyramide,Qui va cacher sa base au séjour lumineux,Et pesant sur les flots, monte et baisse avec eux.Enfin cédant au poids des eaux qu’elle ramasse,La trombe, comme un roc, épouvantable masseTombe, ébranlant la mer jusqu’en sa profondeur.

LÀ, contre des écueils d’une énorme grandeur,La vague en bondissant heurte, et brisant ses lames,Du fluide électrique en fait jaillir les flammes :Ici, le flot coupé de rapides couransTourbillonne, et s’entrouvre en gouffres dévorans.D’un effroyable amas de rocs, de monts de glace,Plus loin, la vaste mer hérisse sa surface.Ces rochers voyageurs jusqu’au ciel entassés,Et par les vents fougueux en tumulte poussésSe croisent, et rompus de leurs piés à leur cime,De leur choc ruineux font retentir l’abyme.

À LEUR bruit, à l’aspect de ces flots menaçans,L’homme, par la terreur lié dans tous ses sens,Et trop peu fait encor à dompter sa foiblesse,L’homme alloit refuser sa future noblesse ;Quand le Dieu bienfaisant qui lisoit dans son cœur :« Espère la victoire, et tu seras vainqueur ;» Dit-il : si tu reçus le génie en partage,» Par de hardis travaux accroîs cet héritage.» Ne sais-tu point que l’homme est né pour tout oser ?» La mer a des périls ! Ose les mépriser ;» Viens sur un frêle bois leur disputer ta vie ;» Viens : d’immortels succès ton audace est suivie.» J’aime à te les prédire ; oui, je vois tes enfans,» Dans mes vastes déserts, s’avancer triomphans.» Aux climats qu’elle habite, ils ont surpris l’aurore ;» L’occident les appelle, ils y volent encore ;» L’océan du midi reconnoît leur pouvoir,» Et le pôle glacé s’accoutume à les voir. »Il dit et disparoît. Une flamme rapideS’allume au cœur de l’homme ; et d’un œil intrépideMesurant ce théâtre, où la gloire l’attend :« J’y regnerai, dit-il. » Il le jure. À l’instantLes sapins abbattus se creusent en nacelles :La rame les emporte, et leur prête des aîles :Bientôt la voile ajoute à ces premiers essais ;Et courant chaque jour de succès en succès,Les navires, guidés par l’éguille polaire,Cherchent enfin des bords qu’un autre ciel éclaire :L’univers étonné s’est aggrandi par eux.

MAIS que nous abusons des biens les plus heureux !La voix de l’intérêt nous façonnant au crime,Nous irons marchander l’homme foible, qu’opprimeLa verge d’un tyran corrompu par notre or ;Et nous l’acheterons, pour le revendre encor.Ah ! Pourquoi falloit-il qu’affamés de fortune,Nous fissions abhorrer l’art qui soumet Neptune ;Cet art, qui rapprochant tous les peuples entre eux,Devroit n’en faire, hélas ! Qu’un seul peuple d’heureux ?

MAIS parlez : de quel droit plonger dans l’esclavageL’homme innocent et doux, que vous nommez sauvage ?Jamais dans vos foyers, barbare conquérant,A-t-il porté le glaive et le feu dévorant ;Et repassant les flots sur des nerfs fugitives,A-t-il jamais traîné vos épouses captives ?Content des simples fruits que la palme enfantoit,Au fond de ses déserts, paisible, il habitoit :Il y seroit encor sans vous, sans la furie,Qui tourmente ses jours, l’arrache à sa patrie,Et l’emporte, à travers l’océan écumeux,Vers des bords, que le crime a rendus trop fameux.

EH bien ! Qu’un Dieu vengeur des enfans de l’Afrique,Et du sang, dont le glaive inonda l’Amérique ;Qu’un dieu dans ces climats vous poursuive ; et sur vous,Des vents, des feux, des eaux déchaîne le courroux ;Que sous vos pas, la terre ébranlée, entr’ouverteS’abyme dans la mer de vos débris couverte ;Et que votre supplice épouvante à jamaisL’avare imitateur de vos lâches forfaits !

UN dieu m’entend. Je vois, sous le brûlant tropique,L’ouragan ménacer le Pérou, le Mexique ;La mer s’agite, gronde : et ses flots épaissis,L’air de soufre infecté, les astres obscurcis,Le flambeau de l’éclair et la voix du tonnerreAux tyrans du Potose ont déclaré la guerre.Tous les vents à la fois déchaînés et sifflansLuttent contre la terre, et déchirent ses flancs.Des nouvelles cités les fondemens s’écroulent.Les fleuves dans leur lit en écumant se roulent ;Et surmontant ses bords de roches hérissés,La mer couvre les toîts de ses flots élancés.Aux lieux, où s’étendoit une riche campagne,Nouvel Etna, s’élève une ardente montagne.De ce gouffre brûlant, s’élancent confondusEt des globes de flamme, et des rochers fondus ;La flotte, loin du port par les vents dispersée,Périt en tournoyant, sous l’abyme enfoncée.

L’HOMME en vain fuit la mort : la mort vole et l’atteint.L’un pâle, échevelé, demi-nud, l’œil éteint,Sur les corps foudroyés d’un fils et d’une mère,Charge son dos tremblant de son malheureux père ;La terre sous ses pas s’ouvre, et l’ensevelit.Éveillé par les feux qui dévorent son lit,L’autre près de sa femme à demi-consumée,Expire dans les flots d’une épaisse fumée.

SOUS les loix de l’hymen, l’avare SélimourÀ la riche Mirinde engageoit son amour.La lampe d’or brûloit dans la demeure sainte,Et l’encens le plus doux en parfumoit l’enceinte.On voyoit dans les mains du ministre sacré,Pour les jeunes époux, le voile préparé :Le silence regnoit. Dans les flancs de la terre,Par trois fois roule et gronde un sourd et long tonnerre.Tous les fronts ont pâli. Le pontife tremblantEmbrasse en vain l’autel sous ses piés chancelant.L’orage enfin éclate ; et la voûte écrouléeEnsevelit l’autel, le prêtre et l’assemblée.Ah ! Fuyons ; renonçons à l’or de ces climats.En vain cet or perfide y germe sous nos pas ;Vainement, il jaillit des veines des montagnes,Se mêle aux eaux du fleuve, et parcourt les campagnes :Vous fait-il oublier, barbares habitans,Ce courroux annuel, ces combats des autans,Par qui furent cent fois les plaines ébranlées,Et du vieux océan les bornes reculées ?

Versification

Forme
Distiques
Rimes
277((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6−6
Mots à la rime
a échappé / enveloppé masculine, classiqueb froidure / verdure féminine, classiquec escorté / attristé masculine, classiquea d’éclore / Flore féminine, classiqueb nuit / fruit masculine, classiquec largesse / sagesse féminine, classiqued ennemi / affermi masculine, classiquea glace / remplace féminine, classiqueb vengeurs / rongeurs masculine, classiquec propice / hospice féminine, classiqued vêtement / tristement masculine, classiquea Borée / Nérée féminine, classiqueb l’éther / l’auster masculine, classiquec déchaînée / l’année féminine, équivalentea détend / éclatant masculine, classiqueb l’empire / respire féminine, classiquec sourit / fleurit masculine, classiqued renaître / hêtre féminine, classiquee tapis / assoupis masculine, classiquea l’étude / solitude féminine, classiqueb inspiré / sacré masculine, classiquec lyre / délire féminine, classiqued d’alentour / retour masculine, classiquea vallées / aîlées féminine, classiqueb passager / messager masculine, classiquec tourterelle / fidèle féminine, classiqued couverts / ouverts masculine, classiquee entourée / diaprée féminine, classiquef Vénus / revenus masculine, classiqueg trône / couronne féminine, classiqueh pinsons / buissons masculine, classiquei campagnes / compagnes féminine, équivalentea mois / autrefois masculine, classiqueb d’Énée / année féminine, classiquec autels / mortels masculine, classiqued puissance / naissance féminine, classiquee beauté / fécondité masculine, classiquef Uranie / l’harmonie féminine, classiqueg rameaux / d’animaux masculine, classiqueh foule féminine, classiquei azuré / épuré masculine, classiquea nature / nourriture féminine, classiqueb guérets / Cérès masculine, classiquec rosée / épuisée féminine, classiqued abondans / ardens masculine, classiquee ferme / l’enferme féminine, classiquea nuit / bruit masculine, classiqueb répandue / étendue féminine, classiquec altérés / prés masculine, classiqued colore / d’éclore féminine, classiquea rassemblés / mêlés masculine, classiqueb propice / auspice féminine, classiquec tour / l’entour masculine, classiqueb main / chemin masculine, classiquec usurpatrice / nourrisse féminine, classiqued vêtement / aliment masculine, classiquea famille / fourmille masculine, classiqueb mûrit / nourrit féminine, classiquec vie / ravie masculine, classiqued s’endort / mort féminine, classiquee nouvelle / belle masculine, classiquea roseau / rézeau féminine, classiqueb développe / l’enveloppe masculine, classiquec entassés / dispersés féminine, classiqued languissante / jaunissante masculine, classiqueb transformé / inanimé féminine, classiquec merveille / s’éveille masculine, classiqued disparoît / regret féminine, classiquee clôture / nature masculine, classiquef desirs / plaisirs féminine, classiqueg immobile / débile masculine, classiqueh fécondité / volupté féminine, classiquea condamnée / année masculine, classiqueb industrieux / ayeux féminine, classiquec industrie / patrie masculine, classiquea chéri / attendri féminine, classiqueb charmes / larmes masculine, classiquec séjour / jour féminine, classiqued exile / azile masculine, classiquee nouveaux / travaux féminine, classiquef tendresse / paresse masculine, classiqueg cœur / vainqueur féminine, classiqueh prospère / père masculine, classiquei attendu / perdu féminine, classiquej l’hommage / image masculine, classiquek yeux / cieux féminine, classiquea épidaure / j’adore masculine, classiqueb berceau / tombeau féminine, classiquec reconnoissance / naissance masculine, classiqued enchanteur / séducteur féminine, classiquee noblesse / souplesse masculine, équivalentef formé / aimé féminine, classiquea empire / respire masculine, classiqueb gravier / l’olivier féminine, classiquec dépositaires / salutaires masculine, classiqued bienfaisans / ans féminine, classiquef rois / droits féminine, classiquea ouvrage / courage masculine, classiqueb dirigés / chargés féminine, classiquec fontaine / lointaine masculine, classiqued tems / printems féminine, classiquee première / lumière masculine, classiquef hardi / midi féminine, classiquea terre / parterre masculine, classiqueb fraicheur / blancheur féminine, classiquec Hyacinte / zacynthe masculine, classiqued languissant / éblouissant féminine, classiquee frétilaire / plaire masculine, classiqueg verdure / bordure masculine, classiquea encor / or féminine, classiqueb maîtresse / ivresse masculine, classiquec couleurs / fleurs féminine, classiquea qu’étale / végétale masculine, classiqueb majestueux / feux féminine, classiquec l’adore / inodore masculine, classiquea fleurs / couleurs féminine, classiqueb savante / vivante masculine, classiquec indécis / noircis féminine, classiqued nature / imposture masculine, classiquea mépris / Cypris féminine, classiqueb immortelle / elle masculine, classiqued Glycère / salaire masculine, classiquee l’instant / éclatant féminine, classiquef colore / Flore masculine, classiqueg tour / d’amour féminine, classiquea inouïe / épanouie masculine, classiqueb délicat / éclat féminine, classiquec s’élance / silence masculine, classiqued regard / art féminine, classiquee l’harmonie / génie masculine, classiquef l’orgueil / œil féminine, classiqueg même / aime masculine, classiqueh inconstant / instant féminine, classiquei bocagères / bergères masculine, classiqueb vœux / cheveux féminine, classiquec couronne / s’environne masculine, classiqueb parée / sacrée masculine, classiquec variés / mariés féminine, classiqued cachées / épanchées masculine, classiquee jour / séjour féminine, classiquea oracle / miracle masculine, classiqueb audacieux / cieux féminine, classiquec antique / l’optique masculine, classiqued façonné / émané féminine, classiquef accords / corps féminine, classiquea enchantée / argentée masculine, classiqueb riant / l’orient féminine, classiquec s’étendre / tendre masculine, classiqued écaillé / émaillé féminine, classiquee coquillage / l’assemblage masculine, classiquef déserts / airs féminine, classiqueg abeille / corbeille masculine, classiqueh radieux / yeux féminine, classiquea courrière / carrière masculine, classiqueb humectés / clartés féminine, classiquea salutaire / terre masculine, classiqueb naissant / éblouissant féminine, classiquec ramure / murmure masculine, classiqued dormir / frémir féminine, classiquee sauvage / rivage masculine, classiquef mélodieux / radieux féminine, classiqueg idée / l’ondée masculine, classiqueh bruit / m’instruit féminine, classiquei feuillage / passage masculine, classiquea délicieux / cieux féminine, classiqueb printanière / prisonnière masculine, classiquec d’or / encor féminine, classiqued montagnes / campagnes masculine, classiquee rubis / brebis féminine, classiquef colline / s’incline masculine, classiqueg oiseaux / eaux féminine, classiqueh plonge / s’allonge masculine, classiquei feux / bleus féminine, classiquej s’efface / embrasse masculine, classiquea sérénité / beauté féminine, classiqueb ouvertes / découvertes masculine, classiquec lents / talents féminine, classiqued l’existence / constance masculine, classiquee scrutateur / hauteur féminine, classiquef mystère / solitaire masculine, classiqueg typhons / fonds féminine, classiquea propices / précipices masculine, classiqueb mâts / climats féminine, classiquec génie / qu’Uranie masculine, classiqued projets / sujets féminine, classiquee embrasse / trace masculine, classiquef travaux / rivaux féminine, classiquec solitaire / terre masculine, classiqued désert / perd féminine, classiquee silence / balance masculine, classiquef onduleux / feux féminine, classiquea timides / humides masculine, classiqueb grondant / trident féminine, classiquec sensible / invincible masculine, classiqued d’effroi / moi féminine, classiquef biens / siens féminine, classiqueg barrière / carrière masculine, classiqueh sacrés / séparés féminine, classiquej jours / toujours féminine, classiquek ensemble / rassemble masculine, classiquea frappés / enveloppés féminine, classiqueb soulèvent / s’élèvent masculine, classiquec éclairs / airs féminine, classiqued profondes / ondes masculine, classiquea trompeur / vapeur féminine, classiqueb humide / pyramide masculine, classiquec lumineux / eux féminine, classiqued ramasse / masse masculine, classiquee profondeur / grandeur féminine, classiqueb lames / flammes masculine, classiquec courans / dévorans féminine, classiqued glace / surface masculine, classiquee entassés / poussés féminine, classiquef cime / l’abyme masculine, classiquea menaçans / sens féminine, classiqueb foiblesse / noblesse masculine, classiqued partage / héritage masculine, classiquee oser / mépriser féminine, classiquef vie / suivie masculine, classiqueg enfans / triomphans féminine, classiqueh l’aurore / encore masculine, classiquei pouvoir / voir féminine, classiquej rapide / intrépide masculine, classiquek l’attend / l’instant féminine, classiquel nacelles / aîles masculine, classiquem essais / succès féminine, classiquen polaire / éclaire masculine, classiqueo eux / heureux féminine, classiqueb crime / qu’opprime masculine, classiquec or / encor féminine, classiqued fortune / Neptune masculine, classiquee eux / d’heureux féminine, classiquea l’esclavage / sauvage masculine, classiqueb conquérant / dévorant féminine, classiquec fugitives / captives masculine, classiqued enfantoit / habitoit féminine, classiquee furie / patrie masculine, classiquef écumeux / fameux féminine, classiquea l’Afrique / l’Amérique masculine, classiqueb vous / courroux féminine, classiquec entr’ouverte / couverte masculine, classiqued jamais / forfaits féminine, classiquea tropique / Mexique masculine, classiqueb épaissis / obscurcis féminine, classiquec tonnerre / guerre masculine, classiqued sifflans / flancs féminine, classiquee s’écroulent / roulent masculine, classiquef hérissés / élancés féminine, classiqueg campagne / montagne masculine, classiqueh confondus / fondus féminine, classiquei dispersée / enfoncée masculine, classiquea l’atteint / éteint féminine, classiqueb mère / père masculine, classiquec l’ensevelit / lit féminine, classiqued consumée / fumée masculine, classiquea Sélimour / amour féminine, classiqueb sainte / l’enceinte masculine, classiquec sacré / préparé féminine, classiqued terre / tonnerre masculine, classiquee tremblant / chancelant féminine, classiquef écroulée / l’assemblée masculine, classiqueg climats / pas féminine, classiquei habitans / autans féminine, classiquej ébranlées / reculées masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

552 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Moïs, Paris, imprimerie de Quillau, 1779· numérisation wikisource.org· Sources