Œuvres, 1712· Odes· Livre premier Odes sacrées
ODE XV. Sentiments de pénitence
TIRÉE DU PSAUME CXXIX De profundis clamavi ad te, Domine, etc.
Pressé de l’ennui qui m’accable,Jusqu’à ton trône redoutableJ’ai porté mes cris gémissants :Seigneur, entends ma voix plaintive,Et prête une oreille attentiveAu bruit de mes tristes accents.
Si dans le jour de tes vengeancesTu considères mes offenses,Grand Dieu, quel sera mon appui ?C’est à toi seul que je m’adresse,Et c’est en ta sainte promesseQue mon cœur espère aujourd’hui.
Oui, je m’assure en ta clémence.Si, toujours plein de ta puissance,Mon zèle a soutenu ta loi,Dieu juste, sois-moi favorable,Et jette un regard secourableSur ce cœur qui se fie en toi.
Dès que paraîtra la lumière,Jusqu’au temps où de sa carrièreLa nuit recommence le cours,Plein de l’espoir que tu demandes,Je t’adresserai mes offrandes,Et j’implorerai ton secours.
Heureux, puisque de nos souffrances,Par l’objet de nos espérances,Nous devons être rachetés,Et qu’il nous permet de prétendreQu’un jour sa bonté doit s’étendreSur toutes nos iniquités !
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre de, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1869· numérisation gallica.bnf.fr· Sources