Œuvres, 1712· Cantates
CANTATE XX. Sur un baiser
Par un baiser ravi sur les lèvres d’Iris,De ma fidèle ardeur j’ai dérobé le prix ;Mais ce plaisir charmant a passé comme un songe :Ainsi je doute encor de ma félicité :Mon bonheur fut trop grand pour n’être qu’un mensonge ;Mais il dura trop peu pour une vérité.
Amour, ceux que tu captivesSouffrent des maux trop cruels ;Leurs douceurs sont fugitives,Et leurs tourments éternels.
Après de mortelles peines,Tu feins de combler nos vœux ;Mais tes rigueurs sont certaines,Et tes plaisirs sont douteux.
Amour, ceux que tu captivesSouffrent des maux trop cruels ;Leurs douceurs sont fugitives,Et leurs tourments éternels.
Qui peut donc m’affranchir de cette inquiétude,Qui rend mon bonheur incertain ?Iris, guérissez-moi d’une peine si rude :Le remède est en votre main.
Si sur cette bouche adorable,Que Vénus prit soin d’embellir,Je pouvois encore cueillirQuelque autre faveur plus durable !Cette douce félicitéFixerait mon âme incertaine ;Et je ne serais plus en peineSi c’est mensonge ou vérité.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre de, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1869· numérisation gallica.bnf.fr· Sources