Œuvres complètes, 1659· Seconde partie
Arras pris
Ces fiers et beaux rampars ceints de vastes abimes,Ces tours, de l’art humain les rochers sourcilleux,Cedans aux durs efforts d’un siege merveilleux,Ont enfin reconnu nos armes legitimes.
Ceux qui les deffendoient ont esté les victimesOffertes au demon fatal aux orgueilleux,Et tant plus leur abord s’est montré perilleux,Tant plus nos conquerans ont paru magnanimes.
Leur secours formidable, avec tout son pouvoir,N’a, quoy qu’il ait tenté, servy qu’à faire voirLe triste evenement d’une entreprise vaine.
Dejà des lys sacrez Arras benit l’odeur ;Et d’un esclat divin, la pourpre de la SeineDe la pourpre du Tage efface la splendeur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources