Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
L’hyver des alpes
Ces atomes de feu qui sur la neige brillent,Ces estincelles d’or, d’azur et de cristalDont l’hyver, au soleil, d’un lustre orientalPare ses cheveux blancs que les vents esparpillent ;
Ce beau cotton du ciel dequoy les monts s’habillent,Ce pavé transparant fait du second metalEt cet air net et sain, propre à l’esprit vital,Sont si doux âmes yeux que d’aise ils en petillent.
Cette saison me plaist, j’en ayme la froideur ;Sa robbe d’innocence et de pure candeurCouvre en quelque façon les crimes de la terre.
Aussi l’Olympien la void d’un front humain ;Sa collere l’espargne, et jamais le tonnerrePour desoler ses jours ne partit de sa main.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources