Œuvres complètes, 1659· Première partie.· Suite de la premiere partie des oeuvres Du sieur de saint-amant
Le paresseux
Accablé de paresse et de melancholie,Je resve dans un lict où je suis fagotéComme un lievre sans os qui dort dans un pasté,Ou comme un Dom-Quichot en sa morne folie.
Là, sans me soucier des guerres d’Italie,Du comte Palatin, ny de sa royauté,Je consacre un bel hymne à cette oisivetéOù mon ame en langueur est comme ensevelie.
Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,Que je croy que les biens me viendront en dormant,Puis que je voy des-jà s’en enfler ma bedaine,
Et hay tant le travail, que, les yeux entr’ouvers,Une main hors des draps, cher Baudoin, à peineAy-je pû me resoudre à t’escrire ces vers.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources