Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Le printemps des environs de paris
Zephire a bien raison d’estre amoureux de Flore ;C’est le plus bel objet dont il puisse jouyr ;On voit à son eclat les soins s’esvanouyr,Comme les libertez devant l’œil que j’adore.
Qui ne seroit ravy d’entendre sous l’auroreLes miracles volans qu’au bois je viens d’ouyr !J’en sens avec les fleurs mon cœur s’espanouyr,Et mon luth negligé leur veut respondre encore.
L’herbe sousrit à l’air d’un air voluptueux ;J’apperçoy de ce bord fertile et tortueuxLe doux feu du soleil flatter le sein de l’onde.
Le soir et le matin la Nuict baise le Jour ;Tout ayme, tout s’embraze, et je croy que le mondeNe renaist au printemps que pour mourir d’amour.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources