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un seul est le mot juste.

Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie

Les nobles triolets

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant· 512 vers

Pour construire un bon triolet,Il faut observer ces trois choses,Sçavoir : que l’air en soit folet,Pour construire un bon triolet ;Qu’il r’entre bien dans le rolet,Et qu’il tombe au vray lieu des pauses ;Pour construire un bon trioletIl faut observer ces trois choses.

Ceux d’Albiran m’ont chatouillé,J’en ay la ratte espanouye ;Jusqu’en mon timbre tout brouilléCeux d’Albiran m’ont chatouillé ;D’ennuy me voilà despouilléPar leur gentillesse inouye ;Ceux d’Albiran m’ont chatouilléJ’en ay la ratte espanouye.

Puis qu’il n’est point de mardy-grasIl ne sera point de caresme ;Je n’en feray jour en mes drasPuis qu’il n’est point de mardy-gras ;Je veux me refaire le bras,En deust crever le jeusne mesme ;Puis qu’il n’est point de mardy-gras,Il ne sera point de caresme.

La riviere, avec sa hauteur,A fait un desordre incroyable ;Tout craint, en son cours destructeur,La riviere avec sa hauteur ;Et j’en voy, d’un œil scrutateur,Le pont Rouge et quelqu’un au diable ;La riviere, avec sa hauteur,A fait un desordre incroyable.

On a veu noyer des poissons,Ce m’a dit Perrette la fauve ;Ouy, dans sa rue en cent façonsOn a veu noyer des poissons ;Il s’en est pris sans hameçonsQui sembloient crier : Sauve ! sauve !On aveu noyer des poissons,Ce m’a dit Perrette la fauve.

A force d’estre soufreteux,Les quatre mendiants nous manquent ;Plusieurs ont l’air maigre et honteuxA force d’estre soufreteux.Voire en ce temps calamiteuxLes Celestins mesmes s’esflanquent ;A force d’estre soufreteux,Les quatre mendiants nous manquent.

Il n’est ny figue ny raisin,Il n’est amande ny noizette ;Chés l’espicier nostre voisinIl n’est ny figue ny raisin,On avuidé le magasin.Quoy qu’en rapporte la Gazette,Il n’est ny figue ny raisin,Il n’est amande ny noisette.

Du ris, helas ! il n’en est plus,Soit avec ou sans equivoque ;Pois, febve et lentille ont fait flus.Du ris, belas ! il n’en est plus ;J’en voy pleurer jusqu’aux reclus.Ne croyez pas que je me moque.Du ris, helas ! il n’en est plus,Soit avec ou sans equivoque.

Foin et paille sont achevez,On n’en treuve pas pour un double ;D’avoine nous sommes privez.Foin et paille sont achevez ;Mes chevaux s’en sont mal trouvez.Cela me despite et me trouble.Foin et paille sont achevez,On n’en treuve pas pour un double.

On pourra manger de la chair,Les curez l’ont permis au prosne ;Cela fait rire le boucher,On pourra manger de la chair ;Dieu sçait comme il la vendra cherQuand il se verra sur son trosne !On pourra manger de la chair,Les curez l’ont permis au prosne.

De l’asne du catholiconRevivra peut-estre l’histoire ;On en rira sur le baconDe l’asne du catholicon,Et l’on vuidera le flaconSe rafraischissant la memoireDe l’asne du catholiconRevivra peut-estre l’histoire.

Un pain qui couste deux escus !Ha ! ma foy, c’est un mauvais ordre.La peste creve le blocus !Un pain qui couste deux escus !Recompensons-nous sur Bacchus,Puis qu’à Cerès on n’ose mordre.Un pain qui couste deux escus !Ha ! ma foy, c’est un mauvais ordre.

Dès qu’il vient du grain au marché,Il est aussy-tost invisible ;Pour le grand tout est ensachéDès qu’il vient du grain au marché ;Et, comme à tout autre peché,A l’uzure tout est loisible,Dès qu’il vient du grain au marché,Il est aussy-tost invisible.

Les commissaires des quartiersOnt part à la regraterie ;Ils font leur bourse des setiers,Les commissaires des quartiers ;Les orfevres sont leurs pintiers ;Ils ont de bonne argenterie.Les commissaires des quartiersOnt part à la regraterie.

Quelque chose qu’on m’en eust dit,Je n’aurois jamais creu ce siege ;Mon cœur en est tout interdit,Quelque chose qu’on m’en eust dit.Je n’y donnois point de credit ;Cependant je suis pris au piege.Quelque chose qu’on m’en eust dit,Je n’aurois jamais creu ce siege.

Si j’avois esté bon devinJ’eusse bien-tost plié bagage ;Je humerois l’air poitevinSi j’avois esté bon devin,Et, pour avoir et pain et vin,Mes gregues n’yroient pas en gage.Si j’avois esté bon devinJ’eusse bien-tost plié bagage.

Ce gouverneur que j’ayme tantAu point du jour troussa ses quilles ;Il ne me put voir en partant,Ce gouverneur que j’ayme tant ;Or près de l’onde, au sein flottant,Je croy qu’il cherche des coquilles.Ce gouverneur que j’ayme tantAu point du jour troussa ses quilles.

Le diable emporte les tamboursQui m’estourdissent la cervelle !Dans la ville et dans les fauxbours,Le diable emporte les tambours !Ces maraux font tout à reboursAvec leur main sotte et nouvelle.Le diable emporte les tamboursQui m’estourdissent la cervelle !

Ouy, je voudrois estre au JaponQuand j’entens tout ce tintamarre ;Ce n’est pas parler en fripon,Ouy, je voudrois estre au Japon.Mon hoste en renasque en jupon,Et sa femme en hurle en simarre.Ouy, je voudrois estre au JaponQuand j’entens tout ce tintamare.

Au lieu de prier à l’autel,On caquette à langue affilée ;On chapitre monsieur un telAu lieu de prier à l’autel ;Et de ce temps aspre et mortelChascune dit sa ratelée.Au lieu de prier à l’autel,On caquette à langue affilée.

Le cas se met sur le tapisDès que deux badauts sont ensemble ;Soyent debout ou soyent accroupis,Le cas se met sur le tapis ;L’un dit : Tant mieux ; l’autre : Tant pis ;Et moyje dy ce qu’il me semble.Le cas se met sur le tapisDès que deux badauts sont ensemble.

L’espoir nous en est donc ostéDe la foire et de ses negoces !On perdra donc cette beauté !L’espoir nous en est donc osté !Et l’on verra d’un seul costéCharlatans et bestes feroces !L’espoir nous en est donc ostéDe la foire et de ses negoces !

Chacun se trouve pris sans vertEn cette estrange conjoncture.De Janus le temple est ouvert ;Chacun se trouve pris sans vert.C’est jouer à qui gaigne pertExposant tout à l’adventure.Chacun se trouve pris sans vertEn cette estrange conjoncture.

Les partisans sont estonnez,Ainsy que des fondeurs de clochesDe se voir par tout mal-menezLes partisans sont estonnez ;A bon droit, ils sont condamnezDe rendre gorge par les poches.Les partisans sont estonnezAinsi que des fondeurs de cloches.

Pour m’eriger en amiral,J’entens en amiral d’eau douce,L’ordre a bien esté liberalPour m’eriger en amiral.J’en rendrais grace au general ;Mais on n’a pas joué du poucePour m’eriger en amiral,J’entens en amiral d’eau douce.

Il se voit en ce regne-cyBien des sottises d’importance !J’en suis tout confus et transy ;Il se voit en ce regne-cy,Maistre Destin le veut ainsyPour exercer dame Constance,Il se voit en ce regne-cyBien des sottises d’importance.

Que n’en disent les estrangersDe nostre horrible tripotage ?Se peut-il voir plus de dangersQue n’en disent les estrangers ?Ha ! François ! Ha ! monstres legers !Mais n’en disons pas davantageQue n’en disent les estrangersDe nostre horrible tripotage.

Aux armes, ô pauvres bourgeois !On trouve cent sujets de larmes ;On meurt de froid au bout des doigts :Aux armes, ô pauvres bourgeois !Et Mars mesme, en son propre mois,Met par force la main aux armes.Aux armes, ô pauvres bourgeois !On trouve cent sujets de larmes.

Par la mort de nos bons soudarsNostre party souffre une injure ;Nous replions nos estendarsPar la mort de nos bons soudars ;Mais fussions-nous percez de dars,Il ne faut pas pourtant qu’on jure :Par la mort de nos bons soudarsNostre party souffre une injure.

Lors que l’on parle de Clanleu,Chascun aux plaintes je convie :Quelle pitié de dire feuLors que l’on parle de Clanleu !Il perdit la main et le jeu,Et je voudrois perdre la vie.Lors que l’on parle de Clanleu,Chascun aux plaintes je convie.

La fin du brave ChastillonA mon grand regret nous en paye ;Elle est dure à maint bataillonLa fin du brave Chastillon,Et sa belle, en noir cotillon,La pleure à Saint-Germain-en-Laye.La fin du brave ChastillonA mon grand regret nous en paye.

Cette rare et triste beautéAu desespoir s’en abandonne ;Elle en est dans l’impietéCette rare et triste beauté,Et non plus qu’au sort detestéA soy-mesme elle ne pardonne.Cette rare et triste beautéAu desespoir s’en abandonne.

Pardonne-moy pourtant, lecteur,Si contre mes regles je peche ;Ces vers sentent le grave autheur ;Pardonne moy pourtant, lecteur.Je suis un habile docteur,A mon propre mur je fay breche.Pardonne moy pourtant, lecteur,Si contre mes regles je peche.

Je n’offence ny Dieu, ny roy,Car devant eux je m’humilie ;Peu le diront, comme je croy.Je n’offence ny Dieu, ny roy ;Je suis sage en despit de moyAu beau milieu de ma folie ;Je n’offence ny Dieu, ny roy,Car devant eux je m’humilie.

Je ne me vante point ycyD’estre homme, et grec, et philosophe ;Quoy que plein d’un noble soucy,Je ne me vante point ycy ;Je me connoy bien, Dieumercy :Si je ne suis de bonne estoffe,Je ne me vante point ycyD’estre homme, et grec, et philosophe.

Qu’un chascun l’imite en ses pas,Le digne prelat de Corinthe ;Bien que chez luy plus de repas,Qu’un chascun l’imite en ses pas ;Son fil ne nous manquera pasPour sortir de ce labyrinthe.Qu’un chascun l’imite en ses pas,Le digne prelat de Corinthe.

Si l’hyver nous estoit plus dous,L’estat courroit bien plus de risque ;Leopolde fondroit sur nousSi l’hyver nous estoit plus dous,Ou du moins, nous tastant le pous,Sur un fort il prendroit sa bisque.Si l’hyver nous estoit plus dous,L’estat courroit bien plus de risque.

La neige conserve les lys,Leur blancheur commune la touche ;En nos jardins ensevelisLa neige conserve les lys ;Ils n’en seront pas moins jolis.J’en ay tousjours ces mots en bouche :La neige conserve les lys,Leur blancheur commune la touche.

Courage ! voycy des convoisEt de la Beauce, et de la Brie !Cela tonne de vois en vois.Courage ! voycy des convois !Voisin, compere, tu le vois,Enfin le bon Dieu nous abrie.Courage ! voycy des convoisEt de la Beauce, et de la Brie !

Il vient avecques force veaux,Force asnes chargez de farine,Des choux, des oignons, des naveaux ;Il vient avecques force veaux.Ce nous seront des fruits nouveaux,Dit une bonne pelerine.Il vient avecques force veaux,Force asnes chargez de farine.

On voit entrer de toutes parsQuantité de bestes à corne ;Porcs et moutons, aux champs espars,On voit entrer de toutes pars ;On en dance sur nos rempars.Il ne faut donc plus estre morne :On voit entrer de toutes parsQuantité de bestes à corne.

Le capitaine, en les voyant,Saute et rit sous son beau pennache ;Il en a l’œil tout flamboyant.Le capitaine, en les voyant,Est d’un appetit foudroyant ;Il dit : Bon, bon pour ma ganache.Le capitaine, en les voyant,Saute et rit sous son beau pennache.

Les braves Normans sont pour nousIls ne s’en veulent point desdire ;Ne craignons plus tigres ny lous,Les braves Normans sont pour nous.On en boira du sidre dousA la grandeur de nostre sire.Les braves Normans sont pour nous,Ils ne s’en veulent point desdire.

Les rares chansons du Pont-NeufEspousent les rares libelles.On les oit entre huit et neuf,Les rares chansons du Pont-Neuf ;Leur papier est moins blanc qu’un œufMais mon laquais les trouve belles.Les rares chansons du Pont-NeufEspousent les rares libelles.

Pour maintenir sa liberté,Paris souffre ses propres chaisnes ;Il se porte à l’extremitéPour maintenir sa liberté ;Et, respectant la Majesté,A sa bouche il lasche les resnes.Pour maintenir sa liberté,Paris souffre ses propres chaisnes.

Par ce juste et sage moyenAux Masaniels on fait la niqueLe chanoine ronfle en doyenPar ce juste et sage moyen ;Et chez le riche citoyenOn berne la terreur panique ;Par ce juste et sage moyenAux Masaniels on fait la nique.

Quand on amene un espion,On croit avoir fait des merveilles ;On dit : Le vaillant champion !Quand on amene un espion ;C’est donner eschec d’un pion,C’est meriter mille bouteilles.Quand on amene un espion,On croit avoir fait des merveilles.

Un courrier d’Espagne est venu,Mais il ne tient rien, le faux draule ;On va voir nostre cœur à nu.Un courrier d’Espagne est venu,Et tout sera bien-tost connuDu costé de la vieille Gaule.Un courrier d’Espagne est venu,Mais il ne tient rien, le faux draule.

Il n’est plus, l’enfant incertain ;Sa mort est seure et veritable ;Soit la mere ou d’or ou d’estain,Il n’est plus, l’enfant incertain ;Il n’estoit ny bas, ny hautain.Est-ce une chose lamentable ?Il n’est plus, l’enfant incertain ;Sa mort est seure et veritable.

Tous les grans semeurs de billetsOnt mal espandu leur semence ;Ils n’ont pas cueilly des œilletsTous les grans semeurs de billets,Et pour leurs severes fueilletsIls ont eu besoin de clemence.Tous les grans semeurs de billetsOnt mal espandu leur semence.

Les maux croissent de jour en jour,Les choses vont de pire en pire ;En l’une comme en l’autre courLes maux croissent de jour en jour.Garde quelque diable de tourAu detriment de cet empire !Les maux croissent de jour en jour,Les choses vont de pire en pire.

Aux bons François des deux costezLa propre palme est une ortie ;Les secours sont des cruautezAux bons François des deux costez ;Mais Mars, en termes effrontez,Dit : Qui bien ayme bien chastie.Aux bons François des deux costezLa propre palme est une ortie.

Le mot d’ennemy se suspent,On confond les leurs et les nostres ;Dès qu’il eschape on s’en repent,Le mot d’ennemy se suspent ;Cependant est rougy l’arpentEt par les uns et par les autres.Le mot d’ennemy se suspent,On confond les leurs et les nostres.

Battre celuy qui n’en peut mais,Vrayment, c’est une belle affaire !Il ne le faut plus desormaisBattre celuy qui n’en peut mais.Soit pour un car, soit pour un mais,La raison deffend de le faire.Battre celuy qui n’en peut mais,Vrayment, c’est une belle affaire !

Autant qu’un autre en sa maison,Louys en la sienne doit estre ;Il veut Paris, il a raison :Autant qu’un autre en sa maison,Et ce grand mot est de saison,Il faut que le roy soit le maistre.Autant qu’un autre en sa maison,Louys en la sienne doit estre.

C’est assez, noble Parlement,Faisons la paix, je vous en prie ;Saint-Germain parle doucement.C’est assez, noble Parlement.Beuvons ensemble vistement ;Aussy bien tout le peuple crie :C’est assez, noble Parlement,Faisons la paix, je vous en prie.

De peur d’estre en plus mauvais point,Rendons-nous au roy qu’on adore ;Je tremble sous mon vieux pourpointDe peur d’estre en plus mauvais point.Ne disons plus tant : Point, point, point ;Clion vous en conjure encore.De peur d’estre en plus mauvais point,Rendons-nous au roy qu’on adore.

En doit-on esperer du bien,De cette illustre conference ?Parlez, vous ne respondez rien ?En doit-on esperer du bien ?Chascun sera-t’il sur le sien ?Y voyez-vous quelque apparence ?En doit on esperer du bienDe cette illustre conference ?

Mais cela s’entend sans parler,L’œil sert d’oreille en cette enqueste ;Vostre voix le voudroit celer,Mais cela s’entend sans parler.Tout yra bien, il faut baler,Vous en respondez de la teste.Mais cela s’entend sans parler,L’œil sert d’oreille en celte enqueste.

Avec les grimaces d’espritFardez-vous point ce qui se couve ?Le siecle cet art nous apprit,Avec les grimaces d’esprit ;La morale vous en reprit,Mais la politique l’approuve.Avec les grimaces d’espritFardez-vous point ce qui se couvre ?

Non, non, fideles deputez,Le vray s’estale en vostre mine ;A tout de l’œil vous repartez :Non, non, fideles deputez.Les bons frondeurs sont bien traitez,Et l’on ne craint plus la famine.Non, non, fideles deputez,Le vray s’estale en vostre mine.

Nostre olive est nostre laurier,La paix triomphe de la guerre ;Adieu le fol avanturier,Nostre olive est nostre laurier ;Adieu le bruit de l’armurier,Puisque l’on chante au son du verre.Nostre olive est nostre laurier,La paix triomphe de la guerre.

Quand l’an qui court se fermeraJ’ouvriray mon douziesme lustre.J’ignore ce qu’on trameraQuand l’an qui court se fermera ;Mais je sçay qu’à qui rimeraJe pourray passer pour illustre.Quand l’an qui court se fermeraJ’ouvriray mon douziesme lustre.

Du monde que j’ay veu partout,Ma foy, je ne sçay plus que dire ;Parlons-en pourtant jusqu’au boutDu monde que j’ay veu partout.L’un est ....., l’autre me ..... ;L’un me fait pleurer, l’autre rire.Du monde que j’ay veu partout,Ma foy, je ne sçay plus que dire.

512 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources