Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
A Monsieur l’abbé de Villeloin.
are et fameux abbé, qui sur tout l’universAvec un soin moral exerces ton estude,Et dont l’ame heroïque et la franche habitudeReparent les deffauts de ce regne pervers,
Verrons-nous ycy-bas cent changemens divers,Soit au particulier, soit dans la multitude,Sans qu’il arrive enfin quelque vicissitudeFavorable aux besoins des grands forgeurs de vers ?
L’or et les diamans brillent dans leurs ouvrages ;Ils morguent, en discours, les indignes outragesDu temps, de la fortune et de l’adversité ;
Cependant, en effet, ces messieurs les sublimes,Parmy leurs vains tresors sechent de pauvreté,Et les plus gras d’entr’eux ne sont riches qu’en rimes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources