Œuvres complètes, 1659· Seconde partie
Sonnet
Quand je la voy, cette gorge yvoirineOù l’oyseau-dieu souvent se va nicher,Comme un goilan qui sur quelque rocherFait ses petits au bord de la marine ;
Quand je la voy, cette main qui burineD’un trait aigu ce nom qui m’est si cher,Dessus mon cœur, j’ars ainsi qu’un buscher,D’un feu qui plaist à ma gente Corine.
Son poil, son œil, son tant aymable visAccompagné d’un gracieux devis,Plonge mes sens dans un doux fleuve d’aise ;
Et quand je songe à tout le demeurantQue sous sa robe en mon ame je baise,De trop d’amour j’expire en soupirant.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources