Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
Pour la Serenissime Reine de Pologne, devant son mariage, l’an 1645.
Des beaux yeux de Louyse, au trône destinée,L’eclat doux et puissant a passé jusqu’au Nort,Le plus grand roy du pole en a senti l’effort,Et l’amour se prepare à leur noble hymenée.
Quoy que par ses vertus elle fust couronnéeD’un honneur immortel, qui ne tient rien du sort,Toutesfois le ciel mesme eust cru luy faire tortSi d’un or souverain sa teste il n’eust ornée.
Je voy des-jà parer ses illustres cheveux,Et desjà la fortune, au saint gré de nos vœux,Appreste à son merite un bonheur sans mesure.
O qu’en ce digne estat ses esprits sont contens,Et qu’en elle aujourd’huy, d’une agreable usure,Le temps, par sa main propre, est bien payé du temps !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources