Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
Pour Monseigneur le Duc d’Anguien.
Anguien, à quels efforts obliges-tu ma plume ?Il faut que de ton glaive elle imite l’ardeur,Et qu’empruntant de toy la gloire et la splendeurElle face briller un illustre volume.
Les foudres que Vulcan fit bruire sur l’enclumePour armer autres fois l’immortelle grandeurFurent lancez sur Phlegre avec moins de roideurQue les tiens sur le Rhin, dont la campagne fume.
Toutes fois le besoin y rappelle tes pas ;Un demon, asseuré que tu n’y luisois pas,D’obscurcir nostre sort a pris quelque licence.
Mais tu feras, ô Duc ! comme l’astre du jour :Le temps noir et fascheux causé par ton absenceDeviendra clair et beau par ton divin retour.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources