Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
A feu Monsieur Desyveteaux.
Que de ton beau jardin les merveilles j’admire !Que tout ce qu’on y voit, que toutce qu’on y sentA d’aymables rapports avec le doux accentDe ce divin oyseau qui chante et qui souspire !
Qu’après ces rares sons dont triomphe ta lire,Mon oreille se plaist au tonnerre innocentQue l’on oit dans ta voulte où ravy l’on descent,Pour monter en un lieu que seul tu peux descrire !
Que les tresors fueillus de ces rameaux divers,Formant un beau desordre en leurs ombrages vers,Me charment les esprits et me comblent de joye !
Et combien la nature on me verroit benirSi par un heureux sort, qu’aux arbres elle octroye,En vieillissant comme eux tu pouvois rajeunir !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources