Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
A la Renommée, sur la mort du roy d’Angleterre.
Que me viens-tu de dire, estrange Renommée ?As-tu bien avec soin remarqué les objets ?Un roy si bon, si doux, si juste en ses projets,Voir son dernier espoir s’exhaler en fumée !
Un roy voir sous les fers sa grandeur opprimée !Un roy se voir juger par ses propres sujets !Par des hommes sans nom, vils, infames, abjets,Qui sur leur tribunal n’ont qu’une rage armée,
Un roy passer ainsy du trosne à l’eschafaut !Faire un si dur chemin, un si tragique saut !Ha ! c’est un coup du sort que je ne puis compendre.
Mon esprit suspendu se confond en ce lieu,Et toute la raison que tu m’en sçaurois rendreC’est qu’on ne peut sonder les abysmes de Dieu.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources