Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
Sur les mouvemens de Paris.
Qu’on ne compare point les troubles de la SeineA ceux de la Tamise, où l’orgueil mesme agit ;C’est un fleuve brutal qui sans cause mugit,Mais l’autre avec raison murmure en voix humaine.
Paris ayme le roy, Paris ayme la reyne ;Son auguste senat pour leur bien le regit ;Et mon œil est trompé si sa nef ne surgitDans le port où la gloire est promise à la peine.
Ces rebelles complots de ligue, d’union,N’y ressuscitent point la perfide EnyonQui fit du dernier siecle un siecle d’insolence.
On n’y voit point fremir cette rage d’enfer,Et Themis aujourd’huy, dans sa propre balence,Pour deffendre son droit peze son propre fer.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources