Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Sonnet
Me voyant plus frisé qu’un gros comte allemant,Le teint frais, lesyeux doux, et la bouche vermeille,Tu m’appelles ton cœur, ton ame, ta merveille,Et me veux recevoir pour ton plus cher amant.
Tu trouves mon maintien si grave et si charmant,Tu sens à mes discours un tel goust en l’oreille,Que tu me veux aymer d’une ardeur nompareille,Où desormais ta foy sera de diamant.
Pour me donner un nom qui me soit convenable,Cloris, ton jugement est plus que raisonnable,Quand tu viens m’appeller un miroir à putains.
Je n’en refuse point le titre ny l’usage :Il est vray, je le suis, tes propos sont certains,Car tu t’es bien souvent mirée en mon visage.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources