Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Sonnet
Vos attraits n’ont plus rien que l’espée et la cappe ;Vostre esprit est plus plat qu’un pied de pelerin ;Vous pleurez plus d’onguent que n’en fait Tabarin,Et qui voit vostre nez le prend pour une grappe.
Vous avez le museau d’un vieux limier qui lappe,L’œil d’un cochon rosty, le poil d’un loup marin,La chair d’un aloyau lardé de romarin,Et l’embonpoint d’un gueux qui reclame Esculape.
Vous portez comme un eu longue barbe au menton ;Vostre corps est plus sec que le son d’un teston ;Vous berçastes jadis l’ayeul de Melusine.
Pièce de cabinet, quittez nostre quartier,Et, prenant pour jamais congé de la cuisine,Qu’on ne vous trouve plus, sinon chez Dumonstier.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources