Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Sonnet
Je viens de recevoir une belle missiveDe la nymphe qui prit mon ame au trebuchet,Et qui, scellant mon cœur de son divin cachet,Y voulut imprimer son image lascive.
Il me fasche desjà que cette heure n’arriveOù je dois embrasser sa taille de brochet,Et jamais verollé, tapy dessous l’archet,En suant ne trouva l’orloge si tardive.
Phœbus, va-t-en souler tes paillards appetisDans les bras amoureux de la belle Thetis :Elle se plaint qu’au ciel trop long-temps tu demeures.
Nuict, couvre l’univers de ton noir balandran,Et, puis que j’ay le mot justement à six heures,Amour, conduy l’aiguille au milieu du cadran.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources