Rimes familières, 1890· Sonnets
À M. Henri second
Réponse à son sonnet Peines d’amour perdues.
Si nous nions le jour‖ pour la lueur fugace,C’est que depuis l’aurore‖ on égare nos pas,Avec un soin jaloux‖ nous dérobant la traceDu droit chemin, qu’hélas !‖ nous ne connaissons pas.
Le poison du mensonge‖ a nourri notre race,Le venin dans la coupe‖ abreuve nos repas :En nos veines il coule‖ et du sang prend la place ;Le pain de vérité‖ nous donne le trépas.
L’esprit faussé depuis‖ la première jeunesse,Comment goûterions-nous‖ les vrais biens ? notre cœurA senti du Serpent‖ la trompeuse caresse ;
Il prend pour l’Idéal‖ une impossible ivresse,Méprisant la Nature‖ et le simple bonheur :Le Vrai voile sa face‖ et le Faux est vainqueur.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abab] 1[abaabb]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fugace / trace féminine, classiqueb pas masculine, classiquea race / place féminine, classiqueb repas / trépas masculine, classiquea jeunesse / caresse / ivresse féminine, classiqueb cœur / bonheur / vainqueur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rimes familières, Paris, Calmann Lévy, 1890· numérisation wikisource.org· Sources