Rimes familières, 1890· Strophes
À madame pauline Viardot
Gloire de la Musique‖ et de la Tragédie,Muse qu’un laurier d’or‖ couronna tant de fois,Oserai-je parler‖ de vous, lorsque ma voixAu langage des vers‖ follement s’étudie ?
Les poètes guidés‖ par Apollon vainqueurOnt seuls assez de fleurs‖ pour en faire une gerbeDigne de ce génie‖ éclatant et superbeQui pour l’éternité‖ vous a faite leur sœur.
Du culte du beau chant‖ prêtresse vénérée,Ne laissez pas crouler‖ son autel précieux,Vous qui l’avez reçu‖ comme un dépôt des cieux,Vous qui du souvenir‖ êtes la préférée !
Ah ! comment oublier‖ l’implacable FidèsDe l’amour maternel‖ endurant le supplice,Orphée en pleurs qui pour‖ revoir son EurydiceEnhardi par Éros‖ pénètre dans l’Hadès !
Grande comme la Lyre‖ et vibrante comme elle,Vous avez eu dans l’Art‖ un éclat non pareilVision trop rapide,‖ hélas ! que nul soleilDans l’avenir jamais‖ ne nous rendra plus belle !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a Tragédie / s’étudie féminine, classiqueb fois / voix masculine, classiquea vainqueur / sœur masculine, classiqueb gerbe / superbe féminine, classiquea vénérée / préférée féminine, classiqueb précieux / cieux masculine, classiquea Fidès / l’Hadès masculine, classiqueb supplice / Eurydice féminine, classiquea elle / belle féminine, classiqueb pareil / soleil masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rimes familières, Paris, Calmann Lévy, 1890· numérisation wikisource.org· Sources