Rimes familières, 1890· Strophes
Cave Canem
Le chien n’est qu’un animal ;Mais l’homme, par qui tout change,De l’animal fait un ange,De la bête un idéal ;
D’un museau noir, un poèmeDe jais brillant au soleil.Rien sous les cieux n’est pareilAux pattes du chien qu’on aime,
À ses oreilles, tombantAvec grâce, ou redressées,Selon que vont les penséesDe cet être captivant.
Un sourire est dans sa queue :Le grand poète l’a dit.Si quelque intrus en médit,On l’évite d’une lieue.
À son chien se confiantChacun pousse le courageJusqu’à braver de la rageLe péril terrifiant.
Devant Azor qu’on admireLe genre humain disparaît.Pour plus d’une, que seraitUn amant, près de Zémire !
Ce fantoche intelligentGrâce aux erreurs que je blâme(Peut-être en les partageant)Prend le meilleur de notre âme.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba) 1(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a animal / idéal masculine, classiqueb change / ange féminine, classiquea poème / aime féminine, classiqueb soleil / pareil masculine, classiquea tombant / captivant masculine, classiqueb redressées / pensées féminine, classiquea queue / lieue féminine, classiqueb dit / médit masculine, classiquea confiant / terrifiant masculine, classiqueb courage / rage féminine, classiquea admire / Zémire féminine, classiqueb disparaît / serait masculine, classiquea intelligent / partageant masculine, classiqueb blâme / âme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rimes familières, Paris, Calmann Lévy, 1890· numérisation wikisource.org· Sources