Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
À la muse
Florem… bene olentis anethi.VIRGILE.
Pauvre muse froissée, insultée, avilie,Pauvre fille sans fard qu’en humble pèlerinDevant eux j’envoyais pour chanter sans refrain,Oh ! reviens à mon cœur poser ton front qui plie.
Ils ne t’ont pas reçue, ô ma chère folie,Oh ! plus que jamais chère ; apaise ton chagrin !Ton parfum m’est plus doux, par ce jour moins serein,Et l’abeille aime encor ta fleur désembellie.
Un sourire immortel à la terre accordaHyacinthe, anémone et lis, et toutes cellesQu’Homère fait pleuvoir aux pentes de l’Ida.
Même aux champs, sur la haie, il en est de bien belles ;Blanche-épine au passant rit dans ses fleurs nouvelles ;Mais la mieux odorante est l’obscur réséda.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources