Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837· Sonnets À madame la D. de R. (la duchesse de Rauzan.)
II. « Ainsi l’on dit de vous, Madame, ainsi vous êtes »
Ainsi l’on dit de vous, Madame, ainsi vous êtes,Fidèle au souvenir, aux traces de vos pas,Aimant ce qu’on retrouve et qui ne change pas,Plus attentive après chaque hiver et ses fêtes !
Oh ! dans nos jours douteux d’ennuis et de tempêtes,Où tout crie et s’égare et se mêle en combats ;Où, si l’on ne meurt vite, on dérive plus bas :Où le vent à plaisir fait ondoyer les têtes ;
Temps d’éclipse divine et de murmure humain !En cette heure avant l’aube, où même tout génieChange trois fois de route et trois fois se renie.
Oh ! qui donc, mariant la veille au lendemain,Si fermement tiendra sa destinée unie,Que, sans le voir, on dise : « Il est dans son chemin ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources