Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837· Sonnets À madame la D. de R. (la duchesse de Rauzan.)
I. « Au Thil où vous aimez passer les mois fleuris »
Au Thil où vous aimez passer les mois fleuris,Mois de fuite du monde et de vie isolée,Pour vous, dans tout le parc, il n’est rien qu’une allée,Haute et droite et touffue, ombrages favoris ;
Et par de la l’allée au vert et haut pourpris,Dans la campagne il est, bien humble et sans feuillée,Un sentier que connaît la faneuse hâlée ;Vous y marchez souvent le long des blés mûris.
Seule à promener là votre grâce élevée,Chaque jour vous suivez la trace conservée,…Passé… longs souvenirs ;… printemps à Saint-Germain !
Et si, dans le château, quelqu’un soudain réclameVotre bonne présence : « Où donc trouver Madame ? »— « Madame, oh ! dit chacun, elle est dans son chemin. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources