Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août· Sonnets
II. De Ballaigues à Jougne, au retour
Le 2 juin.
J’ai revu ces grands bois dans leur feuille nouvelle,J’ai monté le versant fraîchement tapissé.À ces fronts rajeunis chaque vert nuancéPeignait diversement la teinte universelle :
Près du fixe sapin à verdure éternelleLe peuplier mouvant, le tremble balancé,Et le frêne nerveux tout d’un jet élancé,De feuille tendre encor comme la fraxinelle.
Le mélèze lui-même, au fond du groupe noir,Avait changé de robe et de frange flottante ;Autant qu’un clair cytise il annonçait l’espoir.
Ô mon Âme, disais-je, ayons fidèle attente !Ainsi dans le fond sûr de l’amitié constanteCe qui passe et revient est plus tendre à revoir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources