Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août· Sonnets
III. « Et je songe au passé, peut-être à l’avenir »
Alle selle !DANTE.
Et je songe au passé, peut-être à l’avenir,Peut-être au bonheur même en sa vague promesse,Au bonheur que promet un reste de jeunesse,Et qu’un cœur pardonné peut encore obtenir.
Pardonne-lui, Seigneur, et le daigne bénir ;Retiens sa force errante, ou force sa faiblesse,Pour qu’en toute saison ton souffle égal ne laisseNi désir insensé, ni trop cher souvenir.
Qu’il se reprenne à vivre, en espoir de la vie ;Que, sans plus s’enchainer, il trouve qui l’appuie,Qui lui rapprenne à voir ce qu’il s’est trop voilé ;
Pour que monte toujours, même dans la tourmente,Même sous le soleil, dans la saison clémente,Mon regard pur, fidèle au seul pôle étoilé !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources