Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837· Sonnets
I. « Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve »
Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve ;Je le tenais enfin, et j’en voyais le tour.Le rapide bateau l’embrassait d’un seul jour.Joyeux, je commençais ce qui si tôt s’achève.
Chaque instant amenait quelque nom qui se lève ;Coppet venait de fuir ; Lausanne avait son tour ;Vevay luisait déjà sous sa légère tour ;Clarens… quoi ? c’est Clarens ! bosquet d’ardente sève !
J’admirais, mais sans pleurs, mais sans jeune transport ;Rien en moi ne chantait ou ne faisait effort.de disais : Est-ce tout ? — Le peu de ce qu’on aime,
La fin des longs désirs, leur inégale part,Me revenait alors ; je m’accusais moi-même,Beaux monts, cadre immortel, et que je vois trop tard !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources