Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837· Sonnets
II. « Mais, dans l’autre moitié du rapide passage »
Mais, dans l’autre moitié du rapide passage,Un mot dit sans dessein fit naître à mon côté,Fit jaillir un regard d’esprit et de beauté,Tout un jeune bonheur, tout un charmant langage.
Elle parlait du Beau dont Dieu peignit l’image,Des grands livres, de l’art vu dans sa majesté,Du coteau plus sévère et trop vite quitté,Puis de sa chère enfant au retour du voyage !
Je la voyais au cœur sur ce lac transparent,Aimant tout ce qu’on aime en la vie en entrant ;Confiante jeunesse, admirante et sereine !
Mon regard aux coteaux glissait moins attaché ;Et, tous ces sentiments accompagnant la scène,Les lieux furent plus beaux, — je revins plus touché.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources