Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Un dernier rêve
« Paroles, vœux d’un cœur amoureux et timide »
Paroles, vœux d’un cœur amoureux et timide,Redoublez de mystère et de soin caressant,Et près d’elle n’ayez d’aveux que dans l’accent !Accent, redevenez plus tendre et plus limpide,Ému d’un pleur secret sous son charme innocent !Regards, retrouvez vite et perdez l’étincelle ;Soyez, en l’effleurant, chastes et purs comme elle :Car le pudique amour qui me tient cette fois,Cette fois pour toujours ! a pour unique choixLa vierge de candeur, la jeune fille sainte.Le cœur enfant qui vient de s’éveiller,L’âme qu’il faut remplir sans lui faire de crainte,Qu’il faut toucher sans la troubler !
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources